Kit de rentrée, prévention plutôt que répression… Adama Gaye dresse le bilan de ses 100 premiers jours

Le maire de Mantes-la-Jolie s’est confié le 19 juin sur les premiers mois de sa mandature. S’il est conscient des attentes qu’il suscite, l’élu souhaite prendre son temps pour mettre en place son programme.

Après une campagne municipale marquée par sa forte présence sur les réseaux sociaux – une tactique qui lui a donc permis d’obtenir le poste de maire de Mantes-la-Jolie – Adama Gaye s’était fait beaucoup plus discret depuis le 22 mars, se limitant au strict minimum. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il a chômé durant ces fameux 100 premiers jours. L’élu de 35 ans a enchaîné les rencontres avec les différentes instances du pouvoir, de la présidente de la Région Valérie Pécresse au président de la République Emmanuel Macron, en passant bien évidemment par l’homme fort du Département Pierre Bédier.

« C’est le premier avec qui j’ai pris contact » confie l’édile lors d’une rencontre avec la presse le 19 juin, qui note une période de détente dans les relations entre la mairie et son ancien maître des lieux depuis le départ de Raphaël Cognet : « Il est à nouveau présent pour des ­cérémonies dans notre ville. »

Adama Gaye sait qu’une forme d’impatience gravite autour de sa mandature – « il n’y a plus de période de grâce dans notre pays » – et qu’il sera fortement scruté. D’une part à cause des sujets importants de son programme comme la rénovation du Val-Fourré, mais aussi du fait de ses origines sénégalaises : chacune des publications le concernant est agrémenté d’un commentaire raciste. De plus, les médias de la Bollosphère pourraient s’en donner à cœur au moindre écart. « Je reste insensible à cela » assure le maire mantais.

Adama Gaye devait tout de même présenter quelques mesures phares à l’approche de ses 100 premiers jours. Grâce à la réduction de la masse salariale de la commune d’environ 300 000 euros, la municipalité pourra financer des kits pour la rentrée scolaire pour les élèves des 34 écoles élémentaires de la commune, sans condition de revenu et sans distinction entre les établissements publics ou privés : « En septembre, on va débourser 70 000 euros pour que les familles puissent avoir les fournitures de première nécessité. » Toutefois, la cantine à 1 euro ne sera pas effective pour la rentrée prochaine : « Cela demande un travail technique des services. »

Quatre nouveaux agents de prévention ont également été recrutés, le maire préférant le dialogue à la répression. Une stratégie qu’il voudra mettre en place dans deux secteurs sensibles identifiés : le quartier des Garennes et les abords de la rue Louis-Blériot. « On est sur des problématiques de tapage nocturne surtout » précise le cadre d’Orange. Cette annonce lui a permis aussi de dégonfler un sujet qui avait fait polémique il y a un mois avec le départ de quatre policiers municipaux vers des communes voisines. « C’était déjà prévu, révèle Adama Gaye. Ils seront remplacés sans problème car notre police municipale attire car c’est l’une des mieux armées du territoire, parfois plus que la police nationale. » Ces délibérations sont désormais actées grâce au conseil municipal du 22 juin.

Par ailleurs, un audit financier a été commandé. Il sera mené par la Direction générale des Finances publiques et un cabinet spécialisé afin « d’avoir une situation claire ». L’élu s’attend à tomber sur quelques pratiques douteuses mais n’a pas souhaité les expliciter avant la sortie dudit rapport. Toujours en rapport avec les finances, des arbitrages seront effectués lors de la construction du budget en octobre prochain, en particulier au sujet de la rénovation de la Collégiale. S’il a déjà interrogé les pouvoirs publics, Adama Gaye ira chercher d’autres financements. « On va voir si j’étais meilleur business développeur chez Saint-Gobain ou Orange » glisse-t-il en souriant.

Enfin, pour le moment Adama Gaye se dévoue corps et âme pour sa fonction mais ne sait pas s’il restera maire à 100%. « Je dois avoir une discussion avec Orange dans les prochains mois », confie le maire qui a dû mal à déconnecter une fois les portes de l’hôtel de ville franchies.