
Hardricourt et Mézy-sur-Seine, qui comptent respectivement 2 600 et 2 400 habitants, ont décidé de conjuguer leurs forces en matière de sécurité. Leurs conseils municipaux ont successivement voté, à une semaine d’intervalle à la mi-juin, une convention de mutualisation de leur police municipale pour certaines missions.
Le point de départ est simple : chaque commune ne dispose que d’un seul policier municipal. « Un agent seul a très peu de pouvoir, explique Alexandre Louis, maire d’Hardricourt depuis les dernières élections municipales. Il ne peut pas effectuer de contrôle d’identité ». « Il ne peut pas non plus exercer de contrôles de vitesse », ajoute Michel Charron, son homologue méziacois. La mutualisation répond avant tout à cette limite opérationnelle : en binôme, les agents retrouvent leurs prérogatives pleines et entières.
L’idée n’est pas neuve, les municipalités précédentes avaient déjà esquissé un rapprochement, mais ce sont les nouveaux maires qui l’ont concrétisée. « Quand on a pris nos mairies réciproques, on a discuté et on s’est rendu compte qu’on avait une mission assez commune sur la façon de gérer nos municipalités, souligne Michel Charron. On s’est dit qu’on allait coopérer sur un maximum de thèmes, comme l’événementiel, la communication et, donc, la sécurité en faisant non pas une fusion de nos polices, mais en leur donnant des missions communes ».
À Hardricourt, Alexandre Louis va plus loin et a fait le choix d’armer son agent municipal. Il assure toutefois que cela n’est pas une réponse à une hausse de la délinquance. « On est légèrement en dessous des moyennes départementales », indique-t-il. La motivation est ailleurs : attirer et retenir des agents. « Ce qui revient systématiquement, c’est que le policier municipal souhaite pouvoir être armé. Ils sont là pour vous défendre, ils doivent pouvoir se défendre ». Dans les Yvelines, 80 % des policiers municipaux sont déjà dotés d’une arme à feu. Hardricourt entend donc s’aligner.
Le processus sera long, au minimum neuf mois, entre l’autorisation préfectorale, la formation de l’agent en poste et l’acquisition du matériel (environ un millier d’euros). Pour un policier municipal armé, la commune prévoit une enveloppe globale d’environ 50 000 euros. Et la décision n’est pas irréversible : le maire a tenu à la soumettre au conseil municipal, bien qu’un simple arrêté eût suffi. Elle a été adoptée à la quasi-unanimité de la majorité, avec des abstentions dans les rangs de l’opposition.
À terme, Hardricourt ambitionne de porter son effectif à trois agents. La mutualisation avec Mézy pourrait perdurer sous forme de binômes tournants, à condition que le temps de présence reste strictement équilibré entre les deux territoires et que le coût reste fixe pour chacune des communes.