Safran veut fermer son usine : 500 emplois menacés

Le 15 avril dernier, la direction de Safran a annoncé au Comité Social et Économique Central son intention de transférer l’ensemble des activités du site de Mantes-la-Ville d’ici 2029. Un projet que syndicats et élus, réunis lors d’une manifestation le jeudi 28 mai, jugent incompréhensible.

FO Métaux

L’usine Safran de Mantes-la-Ville emploie 500 salariés et intérimaires, tourne à plein régime… et pourtant, elle est condamnée. Lors du CSEC du 15 avril, la direction de Safran Electronics & Defense a annoncé le transfert de toutes les activités et des salariés de Mantes à horizon 2029. Pour FO, la question se pose sans détour : « Qui peut comprendre qu’aujourd’hui, avec la santé financière et les perspectives de croissance, notre Groupe Safran décide de fermer un site industriel en France ? »

Le motif avancé par la direction : optimiser la compétitivité de l’activité Actionnement. Concrètement, les salariés seraient redirigés vers les sites de Saint-Marcel ou Saint-Ouen-l’Aumône, tous deux situés à environ 45 minutes de Mantes-la-Ville. Mais à ce stade, 112 d’entre eux n’ont aucune solution de reclassement et risquent le licenciement pur et simple. Pour le député de la 8ème circonscription des Yvelines Benjamin Lucas, « c’est tout un bassin d’emploi qui est menacé, et toute une économie territoriale en péril ».

Le groupe vise pourtant un résultat net supérieur à 6,2 milliards d’euros en 2026. FO ne mâche pas ses mots : « il ne s’agit pas d’une restructuration mais d’une prédation ». Le syndicat rappelle que la multinationale a perçu environ 150 millions d’euros par an via le Conseil pour la recherche aéronautique civile, ainsi que 152 millions d’euros de Crédit Impôt Recherche en 2023. FO pointe aussi la loyauté des salariés mantais, qui « ont toujours répondu présents » : revenus travailler pendant le Covid, ils ont « accepté des accords de compétitivité dans la douleur », et « sacrifié weekends et jours fériés pour tenir les délais de livraison ».

Les syndicats annoncent vouloir saisir les administrateurs représentant l’État au conseil d’administration du groupe. Leurs revendications ? Refus de toute mobilité imposée, maintien de garanties sociales solides et définition d’un projet industriel alternatif pour le site de Mantes après 2030. Le député de la 8ème circonscription des Yvelines Benjamin Lucas, lui, a interpellé directement le gouvernement, exigeant de Safran « l’abandon de ce projet qui met en péril des centaines de familles et un territoire déjà touché par plusieurs fermetures industrielles ».