Elle adorait la mosaïque, elle a fini par réussir à en faire son métier, et à acquérir la technicité nécessaire à leur réalisation, de la conception à la pose, en passant par la découpe de formes toujours différentes. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, elle était une puéricultrice épanouie.

Tout commence en 2011, alors qu’on lui propose une formation interne dans son domaine professionnel, qu’elle refuse. « Ca faisait presque 10 ans que je voulais changer, et être dans un métier beaucoup plus créatif, déjà orienté sur la mosaïque », se souvient la mère de famille de 43 ans.

Son enfance à Nanterre a été « assez chaotique. » A 16 ans, elle part du domicile familial : « Il a fallu que je me lance rapidement dans la vie active, je cherchais un secteur où je pourrai être sûre de trouver du travail, avec peu d’années d’études. »

Devenue auxiliaire de puériculture, elle trouve immédiatement du travail en halte-garderie, dans sa ville. Elle y restera 15 ans, avant de déplacer ses vies professionnelle et personnelle à Meulan-en-Yvelines. Avec leur famille recomposée de quatre enfants, elle et son mari achètent une maison.

Le financement de sa formation de mosaïste est refusé par son employeur, elle prélève alors sur ses propres deniers, et commence à apprendre en 2012, à Wissous (Essonne). « Avant, je faisais déjà de la mosaïque, mais de type loisirs créatifs, avec des matériaux coupés industriellement », signale Sandrine Combes.

Dans l’atelier essonnois, l’ex-puéricultrice découvre les techniques utilisées par les Romains, puis par les Byzantins. De la découpe des matériaux à la main avec la marteline, outil déjà utilisé il y a deux millénaires, jusqu’à la confection très encadrée des motifs, elle passe 18 mois à emmagasiner ces techniques devenues rares.

« Il y a beaucoup de choses à apprendre : à la difficulté de la maîtrise de la matière s’ajoutent des règles assez strictes, indique la mosaïste. L’important est de ne pas créer des lignes, des interstices, des figures supplémentaires qui n’étaient pas souhaitées à la base. » Une fois ce savoir acquis, elle réalise des tableaux contemporains et des sculptures, couverts de tous les matériaux imaginables.

Il n’y a pas que son métier qui change, sa maison aussi. Le salon familial et ses baies vitrées deviennent l’atelier de l’artiste. En septembre dernier, elle ouvre officiellement. Depuis, elle fait feu de tout bois pour pérenniser son activité : cours, ateliers, restaurations, créations en architecture d’intérieure, la palette de l’artisan d’art est large.

Sandrine Combes espère bien pouvoir vivre de sa passion devenue métier, même si elle sait pouvoir toujours trouver du travail comme puéricultrice. « Ca me plaît encore, mais j’avais vraiment des choses à exprimer, par le bais d’une technique artistique », note ainsi la mosaïste au milieu de ses œuvres.