Aujourd’hui, c’est une ruine, ou plutôt un amas de tôles dont on a peine à reconnaître la forme initiale. Coincée entre l’autoroute A14 et le centre hospitalier, au fond d’un chemin de terre, la Maison de fer devrait pourtant renaître de ses restes peu glorieux, et déplacée au sein du parc Meissonier, d’ici à 2018 ou 2019.

La commune, qui n’en était jusque-là pas propriétaire, vient en effet de se la faire céder par l’Etat, ce qui lui permet d’agir. Pour ce projet estimé à deux millions d’euros, elle compte se faire aider par les particuliers et les entreprises qui le souhaiteraient, à travers le mécénat patrimonial. Mais le maire Karl Olive (LR) assure qu’il mènera l’opération à son terme quelles que soient les sommes récoltées.

Il faut dire qu’il y tient, à cette bâtisse construite par l’ingénieur belge Joseph Danly au XIXème siècle, selon un système révolutionnaire fait d’armatures et de plaques de tôles embouties. La méthode si typique est dite du « système Danly », dont il ne reste que quelques exemples dans le monde, tandis que la mémoire pisciacaise l’attribue longtemps par erreur à Gustave Eiffel.

Après repérage et numérotation de chacun des panneaux, ces derniers seront entreposés, avant d’être tous intégrés à l’une des façades de la Maison de fer reconstruite.
Après repérage et numérotation de chacun des panneaux, ces derniers seront entreposés, avant d’être tous intégrés à l’une des façades de la Maison de fer reconstruite.

Cette agréable villégiature fut lentement oubliée au XXème siècle, mais tout de même classée en 1975 à l’inventaire des Monuments historiques. Elle devient inhabitée lorsque, au début des années 1980, l’Etat construit l’autoroute A14 à quelques dizaines de mètres. Squattée, incendiée, elle se détériore lentement, avant de s’effondrer complètement lors de la grande tempête qui secoue le pays en 1999.

Sauver cette ruine est le premier projet porté par l’association Coeur de Poissy, qu’il fonde en 2008, et qui préfigure l’équipe municipale gagnante de l’élection municipale de 2014. « Elle sera dans l’enceinte même du théâtre de verdure, qui ne disparaît pas. C’était une crainte légitime de certains Pisciacais », détaille Karl Olive, tout sourire de pouvoir enfin lancer la renaissance de cet amas de métal.

Cette agréable villégiature fut lentement oubliée au XXème siècle, mais tout de même classée en 1975 à l’inventaire des Monuments historiques.
Cette agréable villégiature fut lentement oubliée au XXème siècle, mais tout de même classée en 1975 à l’inventaire des Monuments historiques.

Côté mécénat, certaines entreprises auraient déjà manifesté leur intérêt. Et l’étude d’ingénierie a été faite gratuitement par un architecte de Saint-Germain-en-Laye. « Le système constructif est un gros meccano de panneaux emboutis, explique Philippe Blanc, de Trio ingénierie. Aujourd’hui, c’est un mikado géant, il est difficile de toucher une pièce sans abîmer les autres. »

Après repérage et numérotation de chacun des panneaux, ces derniers seront entreposés, avant d’être tous intégrés à l’une des façades de la Maison de fer reconstruite. Les autres panneaux seront refabriqués à l’identique, avant une reconstruction, toutefois accessible, cette fois-ci, aux personnes à mobilité réduite, et conforme aux normes incendie.

Un parcours touristique pour le patrimoine pisciacais

L’intérêt de son premier magistrat pour le patrimoine le pousse à vouloir faire de Poissy une réelle destination touristique. A la Maison de fer s’ajoutent en effet de nombreux projets plus ou moins avancés, de la villa Savoye à la rénovation complète du musée du Jouet (juste lancée, Ndlr), sans oublier la création plus hypothétique d’un musée Le Corbusier juste en face de la villa du célèbre architecte. « Installer la Maison de fer dans le parc Meissonier n’est pas un hasard, nous souhaiterions mettre en place un circuit patrimonial », assure ainsi Karl Olive (LR).