Lors du dernier conseil municipal du lundi 26 septembre, Jean-Frédéric Berçot (LR) s’est vu retirer son titre de premier adjoint par la majorité municipale. Vingt-neuf des 39 conseillers municipaux ont voté contre son maintien. Cette décision fait suite à un différend qui oppose ouvertement Jean-Frédéric Berçot au maire, Karl Olive (LR), depuis le début du mois.

En cause, figure l’éventuel conflit d’intérêt d’un agent municipal que Jean-Frédéric Berçot a signalé au procureur de la République de Versailles. Le conseiller écologiste d’opposition, Maxime Legrand a précisé avoir formé une association pour se constituer partie civile. Le nom du successeur de l’ex-premier adjoint n’a pas été officiellement annoncé. Sandrine Dos Santos devrait devenir première adjointe même si l’annonce n’a pas encore été faite.

« Mes explications […] ont permis à chacun de se faire une idée précise sur le fond du dossier mettant en exergue trois infractions : trafic d’influence, concussion, prise illégale d’intérêt, a estimé Jean-Frédéric Berçot au conseil municipal. Prochainement, vous n’aurez pas d’autre choix que de vous séparer d’une manière ou d’une autre des agents mis en cause, que ce soit votre directeur général adjoint, votre directeur des sports, votre directeur des finances, ainsi que les agents du service des sports également liés à l’association de votre directeur général adjoint. »

Du côté de la majorité municipale, Michel Dupart, au nom du Modem, a indiqué au maire leur « soutien indéfectible ». Plusieurs conseillers municipaux ont reproché à Jean-Frédéric Berçot « son refus de [leur] communiquer les éléments de preuves », a notamment souligné Sandrine Dos Santos, deuxième adjointe.

Des propos corroborés par Karl Olive, qui a ajouté : « J’ai été obligé de tirer les conséquences de la rupture de confiance et des accusations qui ont été portées contre mon intégrité de maire. C’est également l’ensemble de l’équipe municipale qui a été touchée par ces attaques, et un certain nombre d’agents de la ville, qui comme ce soir, sont évoqués dans ce grand déballage du premier adjoint. […] nous ne sommes pas dupes, des manœuvres qui derrière cette affaire, visent a déstabiliser notre équipe majoritaire »

Dans l’opposition, Anne-Marie Vinay (PS) a souligné que « des mots forts ont été prononcés » et « regrette qu’il se passe des choses pareilles dans la ville vu l’histoire déjà, du temps de monsieur Jacques Masdeu-Arus (maire UMP de Poissy de 1988 à 2008, Ndlr) ». Avant de notifier qu’elle ne prendrait pas part au vote, jugeant qu’il « s’agit là d’un problème de choix au sein de [la] majorité ».

Pour la même raison, le conseiller écologiste d’opposition Maxime Legrand a pris la même décision et a quitté la salle du conseil en invitant ses « collèges à [le] suivre » pour « montrer que nous n’avons rien à faire avec tout ça ». Avant de signaler avoir « constitué, avec quelques Pisciacais, une association pour se constituer partie civile », estimant qu’il s’agit « de la meilleure façon d’informer [les habitants] ». De son côté, le groupe d’opposition « Vivons notre ville » a voté pour le maintien de Jean-Frédéric Berçot.

Pendant le tour de table, Michel Prost, délégué aux relations avec les associations, est revenu sur l’avis défavorable de l’instructeur sur la subvention de l’association visée, relevé par Jean-Frédéric Berçot. D’après Michel Prost, cet avis n’est « défavorable que sur le montant et préconise un montant inférieur ». « L’association demandait une subvention de 149 000 euros, l’instructeur a préconisé 130 000 et la ville avec les élus a accordé une subvention de 140 000 euros, insiste Michel Prost. Subvention que vous avez validé vous-même. »

La demande de vote à bulletin secret refusée

Avant que chaque conseiller municipal ne s’exprime sur le maintien de Jean-Frédéric Berçot (LR) à son poste de premier adjoint ; ce dernier a demandé qu’un vote se fasse à bulletin secret. Suite au tour de table, Karl Olive (LR), maire de Poissy, a expliqué qu’il « est voté a bulletin secret lorsqu’ un tiers des membres présents le réclame ».

Une explication contredite par le futur ex-premier adjoint, faisant référence à un conseil municipal du 7 avril 2015 où un conseiller municipal avait demandé un vote à bulletin secret, «  demande que vous aviez alors acceptée sans passer par l’accord du tiers des représentants de ce conseil », affirme Jean-Frédéric Berçot.

Avant d’annoncer au maire que « si vous n’accédiez pas à ma demande, je me verrais dans l’obligation de faire un recours contre les modalités du vote de ce soir, recours qui vous obligerait à faire revoter cette destitution lors d’un prochain conseil ». Karl Olive a maintenu sa position, prévenant s’être « appuyé sur un conseil juridique spécialisé en la matière ». Le tiers n’a pas été atteint, seuls cinq conseillers municipaux ayant voté en faveur d’un vote à bulletin secret.