A la croisée des chemins, au coeur des bois dans une grande clairière vestige de l’exploitation agricole, ces grands corps de ferme du XVIIIème siècle connaissent un interminable chantier. La ferme des huit routes, en rénovation, devait ouvrir en 2013 et devenir locaux de l’Agence des espaces verts (AEV, satellite de la Région et propriétaire de la forêt, Ndlr) comme espace d’éducation à l’environnement des scolaires. Un changement de majorité et un interminable chantier plus tard, la fin des travaux est désormais prévue pour 2018… mais son usage ne l’est plus.

« Ca fait partie des projets que nous ont légué l’ancienne majorité (de gauche, Ndlr), qui voulait en faire une maison de l’environnement. C’est assez titanesque à gérer en termes d’organisation et de coût, avec une complexité supplémentaire lorsque des sociétés avec lesquelles nous avons sous-traité des travaux déposent le bilan et obligent à reprendre les travaux », explique Loys de Pampelonne, directeur de cabinet à l’AEV de la présidente Anne Cabrit (conseillère régionale LR, Ndlr).

Comme 1,2 million d’euros y sont investis par Région et Département, impossible d’annuler la fin de la rénovation. Pour autant, le projet initial n’a aujourd’hui plus de sens, compte tenu du fait que le Conseil régional a décidé de supprimer la mission d’éducation à l’environnement jusque-là confiée à l’AEV.

En attendant, la bâtisse continue d’héberger pour partie une activité agricole et d’accueillir les chasseurs, comme vendredi dernier, lors de journées dédiées où la forêt est fermée au public pour sa sécurité. « On a organisé un certain nombre de déplacements avec le Département, l’agglomération et la commune pour réfléchir à son avenir, poursuit le directeur de cabinet. On en est au stade de la réflexion. »

Mais les deux baux, agricole et de chasse, limitent autant les possibilités que les restrictions budgétaires : « Aujourd’hui, l’argent public est une denrée rare. » Côté municipalité, le maire Michel Guillamaud (DVD) confirme que « tous les projets sont revus à l’aune des moyens financiers actuellement disponibles », précisant n’avoir « aucun moyen financier pour accompagner ou faire quoi que ce soit » à la ferme des huit routes. « Normalement, en 2018, le bâtiment sera prêt »,
espère Loys de Pampelonne. Reste donc à en définir le projet.