Après plus de quatre ans de chantier, un changement d’architecte et d’innombrables modifications, les Vernolitains ont pu visiter la nouvelle école de musique et de danse samedi dernier. Loin d’une inauguration en grande pompe, c’est une simple matinée portes ouvertes qui leur a été proposée par les élus de la majorité qui y tenaient au passage leur permanence. Si la modernité de ses lignes a surpris le public, tous ont pointé le bruit prédominant au rez-de-chaussée qui accueille pourtant les cours de musique.

La municipalité, elle aussi insatisfaite, va lancer une étude acoustique. Le bâtiment de 600 m² en bordure de la RD 154, côté Médan, et dont le chantier a été lancé en 2012, était destiné à devenir un équipement emblématique des mandats de l’ex-maire Marie-Hélène Lopez-Jollivet (PS). Mais l’école de musique et de danse s’est transformée, suite à l’alternance politique survenue aux élections municipales de 2014, en épine dans le pied de son successeur Pascal Collado (LR). Alors, ce dernier est aujourd’hui « soulagé » d’en avoir terminé.

« On va faire une étude acoustique, c’est une malfaçon », indique le maire du rez-de-chaussée très sonore.

« Ca a été très compliqué, on a cumulé les difficultés », rappelle l’édile de ce projet à 3,4 millions d’euros. « On a fait des moins-values, l’objectif étant de maîtriser les coûts et d’avoir quelque chose qui ne soit pas faramineux », précise-t-il de différents éléments supprimés pour tenir le budget initial estimé à 3,2 millions d’euros. La visite proposée aux habitants, faite avec les élus de la majorité, se transforme rapidement en revue de rectifications apportées pendant le chantier et de défauts persistants.

Les associations vernolitaines, à qui l’usage du bâtiment de trois niveaux est dédié, ont emménagé en janvier. « L’étage des arts et l’étage de la danse sont parfaits, la partie musicale nous pose un vrai problème, note Jean-Pierre Harraudeau, président de l’association artistique de Vernouillet, qui compte un peu moins de 600 adhérents. Il y a une réverbération énorme, très au-dessus des normes. » Satisfait « à 90 % », il attend également la mise en service de l’ascenseur, en panne depuis l’ouverture pour cause de non-étanchéité à la pluie.

La visite proposée aux habitants, faite avec les élus de la majorité, se transforme rapidement en revue de rectifications apportées pendant le chantier et de défauts persistants.

« On va faire une étude acoustique, c’est une malfaçon », indique le maire du rez-de-chaussée très sonore. « Le bâtiment offre des capacités de fonctionnement et d’activité fabuleuses, on n’en utilisera que 50 % de la capacité (pour l’instant, Ndlr) », note-t-il. L’édile regrette toujours l’absence de salle de spectacle de plus de 100 places, et des coûts de fonctionnement annuels estimés « entre 8 et 10 % » de l’investissement initial de plus de trois millions d’euros (subventionné à plus de 50 % par le Département et la Région, Ndlr), ouvert six jours sur sept et jusqu’à 21 h.

Il n’a pas, non plus, caché ses inquiétudes vis-à-vis de la chaleur déjà présente en ce matin ensoleillé de fin d’hiver dans la salle de danse largement vitrée : « C’est une oeuvre d’art, il n’y a pas de côté pratique. » Un avis partagé par Jean-François : « C’est joli, mais mal fait », remarque de l’école ce Vernolitain de 35 ans, riverain venu en curieux avec ses deux filles. Il conclut des changements intervenus pendant les travaux : « On sent un grand fossé entre la mairie actuelle et celle qui a précédé. »