Il l’avait plus ou moins annoncée comme possible lors de précédentes réunions publiques consacrées au budget, notamment en 2015. Pour autant, l’augmentation des taux d’imposition des taxes foncière et d’habitation de 12 %, votée au dernier conseil municipal, n’a pas été reçue avec enthousiasme par la vingtaine d’habitants présents à la réunion publique municipale consacrée au budget, au soir du mercredi 19 avril.

« Jusque-là, on a vendu des biens municipaux, une maison et des terrains, a expliqué le maire Michel Guillamaud (SE) des trois précédents budgets réalisés depuis qu’il a été élu, en 2014, face à une assistance plutôt âgée. Le problème, c’est que quand vous vendez les bijoux de famille, à un moment, il n’y en a plus : il nous faut trouver d’autres ressources pour équilibrer ce budget. »

Il espérait pourtant « passer ces années un peu difficiles sans augmenter les impôts », et a assuré avoir pris cette décision « à contre-coeur ». Mais il en a imputé la responsabilité à l’ancienne majorité de gauche et ses investissements « totalement décalés par rapport à la taille de la commune », ainsi qu’aux baisses de dotations de l’Etat. L’ex-majorité devenue opposition, elle, lui reproche notamment sa gestion du contentieux avec la banque Dexia (voir encadré).

La majorité attend 365 000 euros de recettes supplémentaires grâce à cette augmentation des taux de la part communale des taxes locales. Elle représentera « de 50 à 250 ou 300 euros » en fonction des situations selon l’édile. La nouvelle est reçue avec peu de mansuétude. « Moi, Monsieur le maire, quand j’ai pas de sous, j’arrête de dépenser », s’emporte ainsi un retraité mécontent face aux quelques rares investissements prévus cette année.

Le tract de l’opposition fait réagir

La majorité municipale actuelle, élue en 2014, a consacré une partie de la réunion publique dédiée au budget à répondre aux affirmations de l’opposition, récemment publiées dans un tract signé du groupe Rosny pour tous et diffusé dans la commune. Michel Guillamaud (SE), le maire rosnéen, s’est ému de ce document « disant un certain nombre de contre-vérités ».

Alors, il a défendu ses choix, critiqués, notamment par rapport à la résolution sans procès du conflit ayant opposé la mairie et la banque Dexia quant à un emprunt de 3,9 millions d’euros. Il avait été souscrit en 2009 par la maire d’alors et toujours députée du Mantois, désormais conseillère municipale d’opposition, Françoise Descamps-Crosnier (PS).

« On a pris des avis : on n’avait aucune chance de sortir du contentieux avec Dexia », a-t-il assuré à l’assistance. « Ca faisait partie de la négociation avec les banques, mais comme vous n’avez rien négocié… », lui a rétorqué François Descamps (qui est le mari de Françoise Descamps-Crosnier, Ndlr). S’en est suivi un échange vif mais respectueux, où chacun a jeté des chiffres au visage de l’autre, sans trouver aucun consensus.