« Tu as entendu parler des logements ? » Ce samedi matin-là, au bar-tabac de la mairie comme ailleurs, tout Magnanville bruisse de la nouvelle annoncée jeudi soir en réunion publique. La municipalité envisage en effet la construction de « 40 à 50 logements » à la place d’une partie du complexe sportif Firmin Riffaud, pour financer la construction d’un pôle multi-activités. Samedi, environ 130 Magnanvillois ont fait le déplacement à la seconde réunion pour manifester leur refus.

Dans le cadre de son projet « coeur de ville », le maire Michel Lebouc (DVG) souhaite ériger un pôle multi-activités, entre une place Mendes-France largement réaménagée et l’avenue de l’Europe. Inspiré à échelle réduite du Pôle Molière réalisé aux Mureaux, il regrouperait la restauration des écoliers magnanvillois (actuellement dans chacune des trois écoles, Ndlr), une salle de 400 places ainsi que des locaux destinés aux activités associatives.

Pour payer cette ambition, deux des quatre terrains de football, l’un en stabilisé, l’autre en gazon, et le gymnase attenant, vétuste, seraient vendus pour construire des logements, dont un tiers sociaux. « Excusez-moi, les nouveaux logements, c’est pas ceux de la Mare pasloue ? », demande une habitante à la réunion. Ces 150 appartements et maisons commercialisés depuis peu, prévus sur la friche de la Mare pasloue qui jouxte le complexe sportif, n’avaient en effet pas vraiment fait débat.

Samedi, environ 130 Magnanvillois ont fait le déplacement à la seconde réunion pour manifester leur refus.

Mais la disparition d’un des trois gymnases, et de deux terrains de football, suscitait ce matin-là une large réprobation. « On est à Magnanville pour les espaces verts et la qualité du réseau associatif et sportif », avance ainsi une déléguée de parents d’élèves. « Je suis venue à Magnanville parce que c’est une ville à taille humaine », complète une autre. « Je vous demande sincèrement et la main sur le coeur de ne pas toucher au complexe », intervient même le prédécesseur de Michel Lebouc, le socialiste André Sylvestre.

Face à eux, le maire défend la nécessité de continuer à respecter la loi sur le logement social (25,5 % de logements sociaux actuellement, juste au-dessus de la limite, Ndlr). Il argue de l’installation d’une pelouse synthétique sur un des deux terrains restants, que la commune récupèrera la majeure partie de l’usage du troisième gymnase, partagé avec le lycée, et avance qu’il « faudra à terme » démolir, pour dangerosité, le gymnase situé à l’entrée du complexe sportif. Sans oublier les problèmes d’hygiène posés selon lui par le fonctionnement actuel de la restauration scolaire.

Surtout, il se place sur le terrain financier, évoquant le coût de fonctionnement important des deux terrains de football, et l’impossibilité d’investir sans cette vente. « Si vous ne souhaitez pas de logements, il n’y aura pas de logements, sachant qu’on sera obligé de construire quand même [le pôle multi-activités], et ça se retrouvera dans les impôts locaux »,
prévient Michel Lebouc.

Bref, garder une commune périurbaine « entre ville et campagne » (slogan de la commune, Ndlr), c’est « compliqué », lâche-t-il tout en assurant : « J’essaie d’y répondre. »