Le Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif) souhaite réaménager les abords de la gare de Poissy « à l’horizon 2024 ». Jusqu’au 13 juillet, le Stif a lancé une période de concertation avec les usagers et les riverains afin de leur présenter les trois scénarios envisagés (voir encadré). Estimé entre 13,5 et 23,5 millions d’euros suivant les scénarios, l’un des enjeux est l’avenir des deux gares routières.

De ce projet de réaménagement de la gare, le chef de projet pour le Stif, Thomas Greffier détaille, lors d’un atelier balade organisé en gare de Poissy le 28 juin, que « les deux raisons principales sont l’arrivée d’Eole (l’extension du RER E à l’Ouest de Paris, Ndlr) et une gare de toute façon trop petite ». Le syndicat prévoit en effet que l’actuel chiffre de 33 000 voyageurs par jour va augmenter de 30 % d’ici 2024 avec l’arrivée du RER E, du tram-train, et les nombreux projets urbains à proximité. Alexandre Bernusset, directeur adjoint des projets d’investissement pour le Stif, joint par téléphone, complète que ce projet se place dans une « politique sur l’ensemble des gares d’Île-de-France, de rénovation et de modernisation ».

Le scénario « maximal » (photo), des trois présentés par le Stif, prévoit un regroupement des deux gares routières en une unique.

Outre les aménagements prévus dans chacun des scénarios, l’un des points centraux du projet est le cas des deux gares routières, Nord et Sud. Pendant l’atelier balade, le chef de projet a évoqué à ce propos une gare routière Nord qui « fonctionne assez bien mais est en limite de saturation », et une gare routière Sud « dangereuse » et avec « des embouteillages de bus à l’entrée ».

Patrick Meunier, adjoint aux transports pisciacais, précise que la Ville n’a « pas pris de décision municipale en faveur de telle ou telle version du projet ». Il confirme la dangerosité de la gare routière Sud. « Il y a des piétons qui traversent dans tous les sens et il y a déjà eu des accidents, l’entrée et la sortie des bus est très compliquée et ils sont quasiment obligés de franchir les feux au rouge pour pouvoir sortir », énumère ce dernier.

Des différentes propositions faites par le Stif, l’évolution des deux gares routières est de plus en plus marquante au fil des scénarios. Concernant la gare routière Sud, Thomas Greffier souligne : « On ne peut pas l’agrandir car elle est bloquée par des bâtiments. Dans les deux premiers scénarios, elle sera réaménagée et rendue plus sécuritaire, mais restera globalement dans cette configuration. »

Dans le cadre du scénario « maximal », l’immeuble de 40 logements sociaux devrait êter démoli. L’un de ses habitants estime que ses résidents sont « sacrifiés ».

Pour la gare routière Nord, le scénario « socle » prévoit une réorganisation dans son emprise actuelle. Le scénario « intermédiaire », en plus, envisage « un agrandissement vers les immeubles [de la résidence du port] en supprimant le parking public en-dessous », détaille Thomas Greffier. Une option qui a soulevé des remarques d’habitants des immeubles en question, présents lors de l’atelier du 28 juin. « Je n’ai pas envie d’habiter dans la gare routière », émet par exemple une riveraine.

Le scénario « maximal », lui, va plus loin encore et propose la suppression de la gare routière Sud, avec la création d’une gare routière unique qui s’étendrait sur tout le Nord de la gare ferroviaire, le long de la
RD 30 jusqu’à la RD 190. Une proposition qui semble séduire certains usagers croisés le matin à la sortie de leur bus. « Deux gares routières différentes, ça fait qu’on rate souvent les correspondances, ça m’est arrivé », confie par exemple Élodie, une Carriéroise.

Mais lors de l’atelier de concertation de la semaine dernière, les riverains ont montré des réserves quant à l’impact sur la vie du quartier. Autre point soulevé, la création d’une gare routière unique nécessiterait la destruction d’un immeuble de 40 logements sociaux, situé au cœur du projet. « J’y habite depuis longtemps, on l’a rénové et je ne veux pas qu’il soit démoli », argue l’un de ses résidents, estimant qu’ils étaient « sacrifiés » dans le cas de ce scénario.

Du côté du Stif, le chef de projet rappelle que rien n’est encore décidé. « Aujourd’hui, on est au démarrage du processus, rien n’est désigné, ce peut être l’un ou l’autre des scénarios, ou des combinaisons », assure Thomas Greffier. L’adjoint aux transports pisciacais raconte être allé à la rencontre des riverains et souligne : « Il y a un équilibre à trouver entre les riverains immédiats, et un intérêt général lié au fait que Poissy va drainer de plus en plus de personnes. »

Trois scénarios à l’étude

Dans le cadre de la concertation pour le réaménagement de la gare de Poissy, le Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif) a présenté les trois scénarios envisagés à ce stade des études. Les scénarios socle, intermédiaire et maximal proposent des aménagements et un coût de plus en plus important.

Le scénario socle, d’un coût estimé à 13,5 millions d’euros, propose les « aménagements indispensables pour préparer l’arrivée de la ligne E » d’après le Stif. Il prévoit notamment un aménagement et une extension du parvis de la gare place Georges Pompidou, l’amélioration du confort sous les ponts ferroviaires, la réorganisation des gares routières, le réaménagement du parking et la création d’un parvis au Nord au niveau de la brasserie le Chiquito, qui pourrait être détruite.

Le scénario intermédiaire, en plus des aménagements précédemment évoqués, envisage une extension de 120 places du parking de la gare, une modification du carrefour au croisement de la RD 30 et la RD 190, et une extension de la gare routière Nord. Le tout pour un coût estimé à 18 millions d’euros.

Le scénario maximal, estimé à 23,5 millions d’euros, est le plus conséquent car il prévoit la création d’une gare routière unique en plus des aménagements des scénarios socle et intermédiaire. Le Stif indique dans son dépliant que « la gare routière Sud est libérée pour d’autres usages ».