Dans les cartons depuis plus de quatre ans, le projet de rénovation des écluses de Méricourt est enfin engagé. Ce dernier prévoit notamment la réparation des dysfonctionnements des deux écluses du barrage et l’allongement de l’une d’entre elles. Voies navigables de France (VNF), l’établissement public qui gère la majeure partie du réseau national de fleuves et rivières navigables, va recevoir dans le mois les propositions des candidats à la conception-réalisation du projet.

Une opération, cofinancée par la Région et l’Europe, que la première estimation chiffre à 30 millions d’euros HT. Les deux écluses de Méricourt, dans leur état actuel, datent des années soixante et voient passer, selon VNF, plus de 250 bateaux par semaine et 21 millions de tonnes de marchandises par an.

« C’est un site à très forts enjeux pour l’axe de la Seine à l’aval de Paris, puisqu’on a près de la moitié du trafic du bassin de la Seine qui franchit les écluses de Méricourt, confirme Caroline Simon-Pawluk, du service étude et grands travaux à VNF. Si le trafic s’arrête sur Méricourt, c’est tout le trafic sur la Seine aval et le bassin de la Seine dans son ensemble qui est pénalisé. »

« Si le trafic s’arrête sur Méricourt, c’est tout le trafic sur la Seine aval et le bassin de la Seine dans son ensemble qui est pénalisé », explique VNF.

« C’est bien que ces ouvrages soient rénovés, ils en avaient grandement besoin », apprécie des travaux à venir, le maire SE de Méricourt, Philippe Geslan. Les documents de VNF détaillent en effet « de nombreux désordres, notamment des tassements généralisés, des formations de fontis et cavités », … Caroline Simon-Pawluk ajoute que si « aujourd’hui les écluses fonctionnent globalement bien, on rencontre parfois des difficultés sur une des deux écluses dont la porte levante présente des signes de fragilité ».

Sans perturber le trafic, grâce à l’autre écluse en fonctionnement, la porte levant cause « parfois des fermetures de cette écluse ». Et la représentante de VFN d’avancer : « Vu les enjeux sur la fiabilisation de ces écluses, on ne peut pas prendre le risque d’avoir un jour un problème donc on souhaite intervenir dès maintenant pour mettre un terme à ces dysfonctionnements. »

Outre cette porte levant, qui doit être rénovée de manière pérenne ou remplacée par un autre type de porte, la rénovation devrait permettre de « conforter les terre-pleins » et « d’allonger une des deux écluses », détaille Caroline Simon-Pawluk. Actuellement, le barrage de Méricourt dispose de deux écluses, l’une de 185 mètres de long et l’autre de 160 mètres. Mais une étude menée en 2006, notamment sur l’évolution du trafic sur l’axe Seine aval (voir encadré), avait « notamment conclu sur la nécessité de disposer de deux écluses de 185 mètres sur le site », observe cette dernière.

Sans préciser de date, Caroline Simon-Pawluk dévoile que VNF « souhaite que les travaux soient réalisés au plus vite ». Et de préciser que l’une des contraintes majeure du projet est que « pendant les travaux, la navigation ne devra pas être interrompue ». Une opération distincte, pour laquelle des études sont en cours, concerne la création d’une deuxième passe à poisson sur le barrage de Méricourt.

Le maire de Rolleboise inquiet pour sa route

La semaine dernière, il a rencontré les responsables de Voies navigables de France pour leur dire ses craintes si les camions de chantier passent devant la mairie. Maurice Boudet, l’édile SE de Rolleboise, craint en effet que ceux-ci n’y causent des dégâts.

« Elle est très fragile, construite sur du limon et en partie gagnée sur la Seine, s’inquiète le maire. Elle est limitée à 3,5 tonnes depuis plus de 70 ans, s’ils veulent passer avec des camions de 40 ou 50 tonnes… » Il se demande d’ailleurs pourquoi « ils ne viennent pas avec des barges ».

Travaux également prévus au barrage d’Andrésy

La rénovation des deux écluses de Méricourt entre dans le cadre d’une large étude menée en 2006 sur l’itinéraire de l’axe Seine aval. Elle avait « pour objectif de regarder les prospectives en terme de trafic, l’état des ouvrages et établir une programmation d’intervention sur l’itinéraire dans les années à venir », souligne Caroline Simon-Pawluk, du service étude et grands travaux à Voies navigables de France (VNF).

Cette étude concerne plusieurs barrages le long de la Seine, dont celui d’Andrésy. Annoncée depuis plusieurs années, la rénovation du génie civil du barrage d’Andrésy a franchi une nouvelle étape avec l’attribution, à la mi-septembre, du marché pour sa maîtrise d’œuvre. Fin 2015, VNF indiquait à La Gazette que l’objectif des travaux est de moderniser la structure existante et de réduire les coûts de fonctionnement. Ce projet étudie également « la faisabilité de l’accessibilité du public au barrage ». En 2014, ce projet disposait d’une enveloppe prévisionnelle de 4 millions d’euros.