Ce sont des alertes qui ont conduit les policiers du commissariat de Mantes-la-Jolie, la Fondation Brigitte Bardot et de la Direction départementale de la protection des populations à intervenir dans cet appartement de deux pièces de la rue de Metz, dans le centre-ville mantais. A l’intérieur, ils y ont découvert 91 animaux, dans des cages ou en liberté.

« Nous avions été avertis de ce cas, détaille Romy Turpin, responsable juridique de la Fondation Brigitte Bardot. Une bénévole du secteur avait pris contact avec la propriétaire avant de prévenir les forces de l’ordre. Mais elles étaient déjà au courant de la situation. »

Mardi 19 décembre, une opération est alors menée dans l’appartement où vivent une femme d’une soixantaine d’années, ainsi que sa fille d’une trentaine d’années. « Quand nous sommes rentrés, il y avait une odeur nauséabonde », se souvient une source proche du dossier, décrivant le logement comme « plus qu’insalubre, sans eau ni chauffage ».

Quatorze chats, des lapins, des cochons d’Inde, des rats, des hamsters, … et même un cadavre de chat dans un sac plastique ont été découverts par les services sanitaires et vétérinaires. « Les animaux sont très maigres, souligne Romy Turpin. Mais nous attendons les diagnostics avant de nous prononcer sur leur état de santé. »

Les animaux ont été confiés en gardiennage à l’association le temps de la procédure. « Nous devrons leur apporter des soins, précise de cette mission Romy Turpin. Mais l’association n’est pas propriétaire des animaux. Seul un juge pourra prendre cette décision. »

La Fondation s’est portée partie civile. « Nous avons constaté une hygiène déplorable », poursuit la responsable juridique. Les rongeurs étaient placés dans des cages et les chats étaient en liberté, au milieu de leurs excréments.

Si le nombre d’animaux saisis est important, il « n’est malheureusement pas exceptionnel », avance Romy Turpin. Et d’ajouter : « De plus en plus, les gens entassent les animaux. » La sexagénaire devrait être entendue par les enquêteurs prochainement, mais n’a pas été placée en garde à vue.

« Seul un professionnel de santé pourra déterminer les circonstances qui ont conduit à cette situation », tranche la responsable juridique. Du côté du commissariat, on insiste surtout sur le besoin de prise en charge, sans se prononcer sur son état mental : « C’est clair que s’il n’y a pas de suivi, elle risque de recommencer ailleurs », pointe une source policière.