Faire se rencontrer parents et enseignants en dehors du cadre scolaire. C’est l’objectif de l’association chantelouvaise Educa-cité, créée en 2015 par Nadia Et Tourougui. « Au départ nous organisions des ateliers autour de la parentalité, des cafés de parents, mais nous avions des difficultés à mobiliser les parents », explique-t-elle de son action.

L’association s’est alors tournée vers les enseignants chantelouvais, en leur proposant des stages sur leur temps de formation « pour favoriser un travail de co-éducation ». Et ce mardi 16 janvier, une cinquantaine de personnes, enseignants pour la plupart, s’est réunie autour du thème « bien veiller aux parents, faire confiance aux enfants ». Et ont, eux aussi, évoqué la difficulté de communiquer avec les parents.

Et pour les faire travailler sur cette création de lien, Pascal Diard, professeur d’histoire détaché à la formation pour le Groupe français d’éducation nouvelle (association agréée par le ministère de l’éducation nationale, Ndlr), pose tout d’abord un constat : « On n’interroge pas assez les parents. Par exemple, on ne leur demande pas pourquoi est-ce que l’enfant est si habile de ses mains ou pourquoi il est bon en sport. »

Répartis ensuite en ateliers, les participants doivent plancher sur un cas précis. « En 1982, à l’école du Plateau à Champigny (Val-de-Marne), 30 ateliers ont été menés le samedi matin, détaille Pascal Diard. Je vous demande quelle était la situation de départ et quelles ont été les différentes étapes de cette démarche ? »

Besoin de temps pour échanger, disponibilités des parents ou leur faire découvrir une situation d’encadrement, … Les hypothèses soumises par les huit groupes sont nombreuses. Mais une question s’est également dégagée de cette réflexion.

« Comment a-t-elle fait pour toucher les parents, mais aussi à fédérer sur le long terme », demande une enseignante. Cette difficulté à communiquer a aussi été soulevée lors d’une pause, entre enseignants. « Maintenant, le cahier de liaison n’est même plus ouvert par les parents », regrette l’une d’entre eux.

Quelques pistes ont toutefois été apportées par l’intervenant, notamment sur la construction du lien entre la directrice de l’école et les parents. « Elle a supprimé l’affiche qui limitait l’accès à l’école, souligne Pascal Diard. Et lors de la pré-rentrée, elle a assuré une permanence jusqu’à 20 h, pour permettre à tout le monde de la rencontrer. »

Pour autant, Nadia Et Tourougi ne se décourage pas : « Même si l’on touche d’abord les enseignants, cela se répercute sur les enfants et leurs parents. » L’association n’exerce pour le moment qu’à Chanteloup-les-Vignes, mais sa présidente projette, dans plusieurs années, de mener des actions similaires dans d’autres villes de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise.

« Créer du lien est essentiel au sein de l’école, insiste Isabelle Billau, inspectrice Education nationale sur la circonscription de Chanteloup-les-Vignes et qui travaille sur le projet avec Nadia Et Tourougui. Il y a une dynamique intéressante. »