La réaction d’Abdelaziz El Jaouhari, secrétaire général du Conseil des institutions musulmanes des Yvelines (Cimy), créé en 2015 suite aux attentats, sous l’égide de la préfecture, n’a pas vraiment plu à l’association des mosquées saint-quentinoises. Le Cam 78 y est notamment accusé d’avoir été « infiltré et récupéré par des groupuscules qui en trahissent l’esprit et les objectifs ». Son président Mourad Dali a souhaité y répondre, et ne cache pas sa colère.

Dans sa précédente édition, La Gazette révélait l’existence d’un courrier, envoyé en 2017 par le Cam 78 au préfet des Yvelines : la missive dénonçait des pressions qu’aurait exercées Abdelaziz El Jaouhari auprès de mosquées de Saint-Quentin-en-Yvelines. Il leur aurait demandé de quitter le Cam 78 au profit du Cimy, les menaçant, selon la lettre de l’association saint-quentinoise, « de fermetures administratives et perquisitions aux domiciles » des responsables de ces mosquées.

Dans sa réaction, Mourad Dali déplore « des propos méprisants à l’égard des lieux de culte du Cam 78 et de leurs responsables ». Il estime que le secrétaire général du Cimy (aussi président de l’Association mosquée Mantes Sud à Mantes-la-Ville, AMMS, voir encadrés, Ndlr) « profère surtout de graves accusations et mensonges sur l’historique de ce collectif ».

Pour Mourad Dali, « son but manifeste est de ternir la réputation du Cam 78, des associations qui le composent et de ses représentants ». Alors, il demande : « M. Abdelaziz El Jaouhari chercherait-il à asseoir son hégémonie pour s’imposer comme unique représentant des musulmans dans le département des Yvelines ? »

Des accusations portée par Abdelaziz El Jaouhari, le président du Cam 78 tonne que « cela ne saurait être accepté au vu de la réalité de l’histoire de notre collectif, de ses nombreuses actions concrètes sur le terrain et donc de sa légitimité incontestable », poursuit Mourad Dali qui se demande si le secrétaire général « outrepasse-t-il son mandat ».

Le Cam 78 « a pris la décision de ne pas répondre immédiatement aux accusations qu’il considère comme particulièrement grave mais une réponse y sera donnée ». Enfin, le président de l’association de Saint-Quentin-en-Yvelines enjoint « chaque musulman, et spécialement les responsables associatifs, en ce mois particulier du ramadan, à réaliser son introspection afin de s’améliorer et ainsi contribuer à une société meilleure ».

Mantes-la-Jolie : un étonnant prêt de 300 000 euros à l’AMMS

Ces dernières semaines, un message transmis de téléphone en téléphone agite la communauté des fidèles de l’association mantaise Othmane Ibn Affane, qui construit la nouvelle mosquée du Val Fourré grâce aux dons, et depuis un an grâce au soutien du Royaume du Maroc. Les signataires anonymes du message dénoncent un emprunt de 300 000 euros versé par les Mantais à l’Associatiation mosquée Mantes Sud (AMMS), mantevilloise et dirigée par Abdelaziz El Jaouhari. « Pour quelles raisons ? », s’interrogent-ils.

« Les fidèles ont posé la question aux responsables de l’association, qui ont confirmé un prêt de 300 000 euros, apparemment par un contrat fait chez le notaire, confirme un fidèle de l’association contacté par La Gazette (qui a préféré conserver l’anonymat, Ndlr). Pourquoi ne pas avoir mis au courant les fidèles ? Ce sont eux et le Maroc qui donnent. Tout le monde a demande pourquoi on prête de l’argent, sachant qu’on en a besoin… » Sollicités, ni le président de l’association Othmane Ibn Affane, Lahoucine Oumoulli , ni son secrétaire, n’ont répondu.

AMMS : deux mises en demeure pour plus de 34 000 euros

« Toute surfacturation ou toute tentative d’arnaque ne pourront être tolérées », répondait la semaine dernière le président de la plus récente des associations de fidèles mantevillois, sollicité quant aux impayés de l’Association mosquée Mantes Sud (AMMS). Décidera-t-il d’aller en justice, une fois reçues deux mises en demeures d’artisans (qui ont souhaité conserver l’anonymat, Ndlr), ayant participé au chantier de la nouvelle mosquée pour un total de 34 000 euros ? Eux, en tout cas, assurent qu’ils lanceront une procédure en cas de non-paiement.