« Qu’est-ce que c’est moche ! » Dans le quartier des Charvaux, où la Ville mène depuis près de deux ans, la rénovation douloureuse de son centre culturel et sportif Louise Weiss, les habitants ­s’impatientent.

À l’occasion d’une rencontre élus-habitants organisée dans le quartier le 21 avril, les riverains ont interrogé le maire, Lionel Wastl (EELV), et son équipe sur l’avancement du chantier, qui devait initialement être terminé il y a plusieurs semaines. Pour les élus, cette réunion avait pour objectif « d’expliquer les raisons qui nous contraignent à augmenter les impôts (de 12,75 %, le 11 avril dernier, Ndlr) », détaille l’édile andrésien.

« C’est ce programme-là qui est parti [à la] dérive ? », questionne un habitant installé dans la commune depuis quelques mois. Ce dernier s’interroge sur l’impact du chantier dans la hausse du taux d’imposition.

Pour la commune, ce chantier de réhabilitation démarré au courant de l’année 2019, consiste principalement à rénover le gymnase daté des années 1980. Mais depuis, les mauvaises surprises s’enchaînent et le projet engagé sous l’ancien mandat est devenu un véritable casse-tête. Initialement fixé à 3,5 millions d’euros, son budget a complètement explosé dépassant aujourd’hui, selon l’adjointe déléguée à la solidarité, Laurence Alavi, les 6,7 millions d’euros.

Au début de l’année 2020, la découverte de fissures sous le gymnase avait totalement stoppé le chantier. « L’ancienne équipe [municipale] a lancé le chantier sans attendre la seconde étude de sol, dénonce Laurence Alavi. Ce qui était prévu au départ, c’était de toucher à deux murs de fondations, là c’est plus du tout pareil, il faut tout reprendre et revoir toutes les fondations donc ce n’est plus du tout le même prix par rapport au devis initial du chantier ».

Initialement fixé à 3,5 millions d’euros, son budget a complètement explosé dépassant aujourd’hui, selon Laurence Alavi, les 6,7 millions d’euros.

Quelques mois plus tard, la Ville est finalement prévenue que de l’amiante se trouve au niveau des fondations. Des activités de désamiantage sont actuellement menées tandis que la livraison du centre, elle, a été repoussée au mois de juin 2022. « On attend la prochaine tuile », souffle l’adjointe.

« Ne serait-il pas mieux d’arrêter les frais au final ? », s’interroge alors le riverain faisant écho aux propos du conseiller municipal d’opposition et ancien premier adjoint, Denis Faist (DVC), lors du dernier conseil municipal. Ce dernier suggérait l’abandon du chantier puisque « là, on risque avec des travaux complémentaires, des surprises, des entreprises qui viennent vous dire qu’elles doivent dépenser plus d’argent, on risque vraiment une difficulté […] ».

« On est arrivé à un point où s’est posée la question, mais on s’est vite aperçu que ce n’était pas possible », estime pour sa part Lionel Wastl. Pour la Ville, l’arrêt du chantier signifierait près de « 680 000 euros » de pénalités auprès de l’entreprise qui conduit le chantier, mais également aucun apport pour soulager le gymnase Diagana qui supporte la quasi-totalité des activités sportives de la ville depuis la fermeture de Louise Weiss.

Laurence Alavi précise : « Il faut souligner aussi que là l’entreprise est engagée avec nous et que si on voulait repartir de zéro et ouvrir un nouveau marché, faudrait-il encore trouver une entreprise qui veuille d’un chantier pourri, et puis le prix ça sera le prix [le] problème… »