À l’Est du département, dans le canton de Conflans-Sainte-Honorine, cinq binômes participent au scrutin du 20 juin prochain, pour le premier tour des élections départementales. Les conseillers départementaux sortants, respectivement maires de Conflans-Sainte-Honorine et Chanteloup-les-Vignes, Laurent Brosse (DVD) et Catherine Arenou (DVD) sont candidats à leur succession et mettent en avant le bilan d’un Département comme partenaire privilégié des communes pour la réalisation de leurs projets.

À leur gauche, ils seront face au Conflanais Alexandre Garcia (PS) et l’élue d’opposition entre 2008 et 2014 chantelouvaise Mouni Coudoux (PCF), qui prônent notamment un retour du social au sein des politiques départementales, en lui allouant plus de moyens humains et financiers. La deuxième liste de gauche en présence, portée par l’adjointe andrésienne Annie Minarik et le conseiller municipal d’opposition conflanais Raphaël Prats (EELV), souhaite penser la transition écologique comme un système, avec ses applications dans la vie ­quotidienne.

Les dépenses allouées à la coopération décentralisée seront elles aussi revues. « Nous notre idée c’est l’argent doit être dépensé dans l’intérêt des Yvelinois », abonde Thierry Collin, candidat du Rassemblement national.

Qualifiés de candidats « divers centre » par la préfecture des Yvelines, le conseiller municipal d’opposition conflanais Hippolyte Djizanne (SE) et la conseillère municipale d’opposition andrésienne Véronique Civel (SE) veulent que les investissements du Département soient recentrés sur ses compétences essentielles : la solidarité et le social, les collèges et l’aménagement des territoires. Enfin, les candidats du Rassemblement national, Thierry Collin et Maria Macedo de Souza s’opposent catégoriquement à l’accueil des mineurs étrangers non-accompagnés et veulent réallouer les fonds alloués à la coopération décentralisée pour des projets « dans l’intérêt des Yvelinois ».

Alors que leur mandat s’achève, les deux conseillers départementaux sortants insistent sur un point. « Le Département s’est positionné très clairement depuis six ans comme le premier partenaire des Villes, sur l’ensemble des compétences des villes, bien évidemment sur l’ensemble des compétences du Département, pour donner ce coup de pouce nécessaire et indispensable que l’État ne donnait pas toujours », souligne Catherine Arenou, mettant en avant une politique « volontariste » avec par exemple le Prior’Yvelines pour les accompagner dans les projets de développement et de renouvellement urbain, comme à Chanteloup-les-Vignes, ou encore l’aide à la distribution de masques ou de colis alimentaires durant la crise sanitaire.

« Il faut vraiment offrir des vrais programmes pédagogiques avec éventuellement des apports d’associations, pour lutter contre les discriminations, les violences, le harcèlement », détaille Annie Minarik, des actions à mener dans les collèges.

Cependant, pour Alexandre Garcia, le bilan concernant la question sociale est loin d’être satisfaisant. « Il y a quelque chose qu’on ne comprend pas par exemple avec ce Département c’est pourquoi c’est le seul Département avec les Hauts-de-Seine à ne pas avoir souscrit à la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, s’interroge-t-il. […] Il y a par exemple cette démarche que je trouve très intéressante qui est d’aller vers, c’est-à-dire, avec les fichiers qu’on a sur les personnes, on essaie de voir s’il y a des personnes qu’on pense être éligibles à des aides et on vient les voir en fait, on leur téléphone, on vient chez elles. »

Trois priorités figurent dans le programme de la majorité départementale. « L’innovation, la protection du cadre de vie et réussir un avenir durable », énumère Laurent Brosse. Sur ce dernier point, les deux candidats évoquent notamment le nettoyage de la « mer des déchets », sur les communes de Carrières-sous-Poissy, Andrésy, Chanteloup-les-Vignes et Triel-sur-Seine. « L’idée c’est de créer une forêt, il y a un certain nombre de projets qui sont en train de se mettre en place pour permettre d’augmenter la qualité de vie de cette boucle de Chanteloup », complète Catherine Arenou, évoquant la création d’une forêt en lieu et place de la plaine, afin de développer une filière de matériaux de construction en bois. Laurent Brosse, évoque pour sa part, la mise en place d’un « bonus écologique », lors de la demande de subventions départementales.

Hippolyte Djizanne (SE) propose lui que le Département soit un territoire d’expérimentation : « En France actuellement il y a une politique sur l’hydrogène décarbonée […]. Nous en tant que Département on souhaite encourager les collectivités […] pour pouvoir saisir ces opportunités

Si le principe est une bonne chose pour Raphaël Prats, ce « bonus écologique » doit s’inscrire dans la « préparation du canton aux méfaits du réchauffement climatique qu’on ressent déjà », en particulier l’augmentation des îlots de chaleur, qui peuvent être combattus en végétalisant. « Il est impératif qu’on débétonnise, à commencer par les cours d’école, explique-t-il. Il faut que le Département finance les actions des maires pour qu’ils puissent travailler avec l’Office national des forêts, voir où végétaliser, comment, etc. »

Le Département doit également être moteur sur le terme de la rénovation énergétique, pour Alexandre Garcia. « On gagnera des milliards à tout rénover énergétiquement, ça fera des emplois, ça fera des économies d’énergie, assure-t-il. Le Département doit prendre sa part là-dedans, il doit travailler avec les agences nécessaires et les autres collectivités pour permettre concrètement aux gens de faire rapidement des rénovations énergétiques. » Prêts à taux faibles, voire à taux zéro, mais aussi la création d’un système de centrale d’achat est évoquée par Stéphane Mallard, colistier de Raphaël Prats et Annie Minarik : « Ça permettrait de faire vivre des usines du Département et donc des emplois, qui seraient financés pour une partie par les Yvelines et une partie par le particulier, […] économiquement c’est viable et on a un contrôle des dépenses, on fait vivre les sociétés. »

Le Département doit également être moteur sur le terme de la rénovation énergétique, pour Alexandre Garcia. « On gagnera des milliards à tout rénover énergétiquement, ça fera des emplois, ça fera des économies d’énergie », assure-t-il.

Dans le canton cependant tous les candidats insistent sur des actions à mener auprès des collèges, mais aussi des collégiens, marqués par l’attentat survenu le 16 octobre dernier au collège du bois d’Aulne. « Il faut vraiment offrir des vrais programmes pédagogiques avec éventuellement des apports d’associations, pour lutter contre les discriminations, les violences, le harcèlement », détaille Annie Minarik tandis que son binôme poursuit : « Il faut que les associations entrent dans les collèges et évoquent, surtout sur notre canton, la laïcité. […] Il est impératif d’accompagner les professeurs dans les collèges avec des associations qui sont spécialisées sur la question. »

Le recrutement de médiateurs et d’éducateurs spécialisés fait ainsi partie des priorités, pour assurer une meilleure prise en charge des enfants et jeunes adultes. « À Conflans, avant par exemple, il y avait des éducateurs spécialisés maintenant ils sont payés directement par la Ville, le Département s’est retiré, rappelle Alexandre Garcia. Il en a remis après l’attentat contre Samuel Paty, on est passé de dix à deux. » Hippolyte Djizanne, souligne l’importance d’investir « quoi qu’il en coûte », dans le soutien scolaire. « On déplore que les cinq collèges sont classés dans les catégories C et D du classement pour les résultats du brevet, fait-il savoir. […] Moi je m’engage aussi pour travailler à l’excellence des collèges, j’ai envie qu’on mette les moyens pour nos enfants. »

Trois priorités figurent dans le programme de la majorité départementale. « L’innovation, la protection du cadre de vie et réussir un avenir durable », énumère Laurent Brosse.

« Il y a une volonté d’accompagner l’enfant dans toutes ses étapes, fait remarquer Catherine Arenou. Le développement numérique, on l’a commencé, on va le développer, pas seulement les tablettes mais la capacité de tous les collèges à avoir du Wi-Fi, être connectés, avoir la fibre et de travailler même en amont puisqu’on veut développer un programme numérique dès le CM1-CM2, comme ce que l’on peut faire à Mantes-la-Ville. »

Elle évoque également un programme de « sécurisation des collèges » via le déploiement de caméras de vidéosurveillance. Concernant la gestion, celle des repas en particulier, Véronique Civel déplore que C’midy soit une « véritable usine à gaz », pour les enfants, comme pour les collégiens et leurs familles : « C’est une perte de qualité dans les repas, c’est une perte de quantité aussi […] Il faut réinternaliser, revenir à ce qu’on a connu avant, c’est-à-dire une cuisine avec des ­fournisseurs de proximité. »

Les mobilités sont également un enjeu fort du canton. « Il y a trois villes qui sont à la fois sur l’Oise et la Seine sur laquelle on peut tout à fait imaginer, c’est ce qu’on est en train de faire, un plan vélo ou une circulation qui pourrait relier ces trois villes avec une vraie qualité environnementale », détaille Catherine Arenou. Si les autres candidats portent aussi le développement des mobilités douces et la sécurisation des pistes cyclables, il est un projet routier, celui du « pont d’Achères », qui fait débat.

« On sait qu’il y a entre 10 et 20 000 personnes qui sont victimes de la pollution en Île-de-France chaque année, donc à un moment il faut arrêter le tout routier » assène Raphaël Prats, qui préconise plutôt le développement de navettes électriques pour rallier les centres-villes, des navettes fluviales ou encore le prolongement du Tram 13 jusqu’à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise). Pour sa part, Alexandre Garcia craint que ce projet ne fasse « appel d’air » à la circulation automobile et appelle à développer les bornes de recharge pour les voitures ­électriques.

Hippolyte Djizanne propose lui que le Département soit un territoire d’expérimentation : « En France actuellement il y a une politique sur l’hydrogène décarbonée […]. Nous en tant que Département on souhaite encourager les collectivités […] pour pouvoir saisir ces opportunités que l’État présente pour aider à répandre cette technologie, en encourageant à ce qu’il y ait des transports en commun à hydrogène, des bateaux à hydrogène, de façon expérimentale. » Sur la question des transports, Thierry Collin préconise lui que le Département soit un « porte-voix » des communes pour préserver la qualités des lignes A, J et L qui desservent le canton. « Il y a des routes pour lesquelles on peut développer des constructions type talus antibruit, où il y a des nuisances sonores, comme sur la RD 55 ou la RN 184 », précise-t-il.

L’un des premiers engagements que souhaite prendre le candidat RN s’il est élu et si son parti obtient la majorité départementale, est de ne plus prendre en charge les mineurs non-accompagnés. « On estime que [le coût de cette prise en charge], on pourrait le déployer autrement, et puis pour la politique sociale, il y a toujours moyen de faire des choses […] ou dans d’autres domaines comme la sécurité et les autres moyens disponibles. » Les dépenses allouées à la coopération décentralisée seront elles aussi revues. « Nous notre idée c’est l’argent doit être dépensé dans l’intérêt des Yvelinois, abonde-t-il. […] Dans mon idée je conçois qu’on apporte de l’aide quand il y a des situations d’urgence dans des pays, c’est vraiment de l’humanitaire, maintenant aller subventionner une Maison des Yvelines dans une petite ville du Nord-Est du Sénégal, je pense que cela s’apparente à du clientélisme électoral auprès d’électeurs franco-Sénagalais du Mantois. »