Il accueillera ses premiers patients à partir du 4 octobre prochain, mais le Foyer d’accueil médicalisé (Fam) qui porte le nom de Patrick Devedjian (voir page 6) fonctionne officiellement depuis la mi-septembre. Ce Fam, géré par la Fondation des Amis de l’atelier, proposera 66 places aux adultes atteints de troubles du spectre autistique et 50 places pour les personnes atteintes de troubles psychiques.

Lancé en 2017, ce projet est le tout premier projet porté par les Départements des Yvelines et des Hauts-de-Seine, pour un coût de 31 millions d’euros, dont une partie a été abondée par le Fonds de solidarité interdépartemental d’investissement (FS2I, regroupant les Départements franciliens, Ndlr). Une primeur que n’a pas manqué de rappeler le président du Département yvelinois, Pierre Bédier (LR), espérant à terme pouvoir créer un réseau interdépartemental de ce type d’établissements.

« Le Fam […] contribuera ainsi à apporter une réponse, certes partielle, mais une réponse tout de même, dans le cadre des objectifs zéro sans solution, réponse accompagnée pour tous, et dans le cadre du plan de prévention des départs des personnes handicapées vers la Belgique », souligne ainsi Jacques Lafferanderie, président de la Fondation des Amis de l’atelier. Actuellement environ « 400 familles » des Yvelines et des Hauts-de-Seine, sont contraintes de partir en Belgique pour se ­soigner.

Bien que d’une superficie de 10 000 m², la directrice de l’Agence régionale de santé (ARS), Amélie Verdier, et le directeur du site, Boujma, Gouirir louent un établissement à « taille humaine », pensé pour l’accompagnement des patients. « Souvent malheureusement dans le médico-social on peut se retrouver avec des bâtiments déjà existants et ensuite essayer d’adapter les bâtiments, alors que là on est, dès le départ, avec un bâtiment qui répond à beaucoup, beaucoup de besoins et d’attentes par rapport à ces personnes-là », apprécie Boujma Gouirir.

Bien que d’une superficie de 10 000 m², la directrice de l’Agence régionale de santé (ARS), Amélie Verdier, et le directeur du site, Boujma Gouirir, louent un établissement à « taille humaine », pensé pour l’accompagnement des patients.

Il prend pour exemple notamment, la disposition des salons : « Sur la partie troubles psychiques les salons sont ouverts sur la circulation, c’est-à-dire que ça invite un petit peu au mélange et à l’ouverture sur les autres, et sur la partie autisme, on est sur des salons beaucoup plus « cooconnants » […] mais qui permettent de pouvoir contenir et sécuriser les personnes en fonction de leur situation. Il y a un impact sur l’architecture, il y a la prise en compte des pathologies des patients. »

« C’est un des traits directeurs de la façon de travailler du Département, lorsque nous construisons des bâtiments neufs, […] nous nous associons en amont avec les professionnels en groupes de travail, pour les entendre, pour comprendre leurs besoins et nous leur présentons nos réponses théoriques avant de passer à l’étape de la transformation, insiste Pierre Bédier. Nous essayons de mettre en amont le plus d’intelligence possible dans ce travail bâtimentaire, on ne se contente pas de faire une boîte et la livrer. »

À l’instar du nouveau collège du Val Fourré, Pierre Bédier n’exclut pas de développer ce type d’établissement s’il venait à réussir le pari. « Je forme le vœu mes chers collègues que nos Départements solidaires pourront, dans les années à venir, créer un réseau d’établissements interdépartementaux de ce type, qui sans multiplier pour autant les dépenses par sept, permettra d’offrir la même qualité de service public à tous nos habitants », indique-t-il ainsi.

« Cette inauguration illustre le niveau élevé d’exigence qui est le nôtre, non seulement pour apporter une réponse dont chacun s’accorde à dire qu’elle est inacceptable mais aussi plus largement pour relever le défi de l’autonomie », complète son homologue altoséquanais, Georges ­Siffredi (LR).