Comme prévu, ils ont renouvelé l’opération. Ce jeudi 7 octobre, environ 80 agents communaux des services de restauration, espaces verts, sports ou encore de l’état civil ou des ressources humaines, se sont à nouveau rassemblés devant le parvis de l’hôtel de ville, suite à une première manifestation organisée le 30 septembre dernier, pour dénoncer les conditions de travail au sein de la mairie. Au bout d’une vingtaine de minutes, le nouveau maire, Djamel Nedjar (DVG), est descendu entendre leurs revendications. S’il a maintenu sa confiance envers le directeur général des services (DGS), dont les méthodes sont décriées, il a toutefois reconnu qu’il existait un certain nombre de problèmes de fond, depuis plusieurs années. Il a promis une visite rapide dans les différents services.

La manifestation faisait suite à une rencontre entre Djamel Nedjar et les représentants syndicaux de la CGT, afin d’en faire un compte-rendu. Mais alors que l’un des représentants évoque « des maladresses » du DGS et de certains cadres dans certaines situations, la réprobation se fait entendre. « Depuis le mois de juin, on est au mois d’octobre, il y a plein de collègues qui sont partis, alors parler de maladresse, coupe un agent, en poste depuis 24 ans. Et que vous le répétiez moi ça me dérange, ça me donne l’impression que vous mangez la pilule. […] Ce n’est pas de la maladresse, c’est de la ­maltraitance. »

La secrétaire CGT des territoriaux, Erika Sartore, rappelle qu’un préavis de grève a été déposé « pour six mois », si la situation n’évolue pas. « Tant qu’on n’a pas vu le maire on continue !, s’exclame un des agents des espaces verts. Je viens tout le temps là une heure par semaine pour montrer que je ne suis pas content. » Un autre abonde : « Le maire a dit qu’il allait être à notre écoute, j’aimerais bien avoir une date, parce qu’on va venir vous voir, on va voir les agents, je l’ai entendu 250 fois, donc ça serait bien qu’il donne une date et qu’il passe vraiment, parce que l’ancien maire avait dit la même chose […] on ne l’a jamais vu […]. »

Finalement, Djamel Nedjar viendra à la rencontre des agents et exposer ses deux objectifs. « Le premier c’est la qualité du travail rendu auprès de la population […]. Pour moi c’est important que la population s’y retrouve dans les services publics. Vous êtes un échelon important, vous faites un métier qui est essentiel », expose-t-il. Son second objectif concerne « le bien-être au travail […] que chaque agent puisse prendre plaisir dans ce qu’il fait, qu’il trouve sens et utilité dans les fonctions qui sont les vôtres et pour moi c’est important […] que le matin personne ne vienne à reculons et que vous puissiez prendre plaisir ». Il prévient toutefois : « Je n’ai pas de baguette magique. »

« Qu’est-ce que vous avez l’intention de faire pour nous remotiver dans le travail ? », interroge une agente à la restauration depuis 19 ans et qui expliquait s’être mise en arrêt car elle s’est « bousillé le dos ». Pointant un problème de sous-effectif, elle propose une solution pour le moins radicale : « Toutes ces réceptions qu’on fait, tout ça, pourquoi les faire ? Déjà c’est un budget en moins, pourquoi faire des réceptions ? […] C’est du gaspillage et au moins il y a du personnel en plus. » Une option qui n’est pour l’instant pas envisageable. « Les élus ont des notions de représentation, ça passe aussi par des moments de convivialité, détaille-t-il. […] Après on pourra discuter de la manière dont c’est fait, dont c’est organisé, […] mais il y a des fonctions qui sont nécessaires à la fonction d’élus, […] qui nous permettent de répondre aux besoins de la ­population. »