En vallée de Seine, le chantier lié à Eole n’est pas le seul à connaître des surcoûts. Lors de la séance départementale du 1er octobre dernier, la conseillère départementale du canton de Poissy et adjointe achéroise, Suzanne Jaunet (LR), a indiqué que le chantier du Tram 13 express, devant à terme relier Achères à Saint-Cyr-l’Ecole enregistrait lui aussi une hausse de « 57 % » pour les deux phases (la phase 1 reliant Saint-Germain-en-Laye à Saint-Cyr-l’Ecole et la phase 2 Achères-Ville à Saint-Germain-en-Laye en passant par Poissy) pour un montant total désormais estimé à plus de 350 millions d’euros, relève Marc Pélissier, président de la Fnaut Île-de-France, association d’usagers des transports en commun. Concernant la deuxième phase, plus de 120 millions d’euros ont déjà été engagés, sur une ­enveloppe de 194 millions d’euros.

La mise en service de la deuxième phase est désormais prévue pour la fin de l’année 2027 (elle était initialement prévue en 2026, Ndlr), a annoncé Île-de-France mobilités, organisme de la Région en charge des transports, lors de son conseil du 11 octobre visant à approuver l’avant-projet de la deuxième phase. Elus et associations s’inquiètent eux des arbitrages et priorités qui pourraient être faits pour limiter les coûts.

« Toutes les études n’ont pas été réalisées, les dépenses qui sont normalement engagées par la communauté urbaine, n’ont pas non plus été comptabilisées et donc vraiment je vous alerte et je voudrais qu’on soient tous conscients et surtout les trois maires concernés, que ce soit la ville de Saint-Germain, de Poissy, ou bien d’Achères, sur les économies qui risquent d’être proposées sans que les élus n’en n’aient même été avisés », insiste Suzanne Jaunet le 1er octobre, alors que le Département s’apprête à voter 14 millions d’euros dans le cadre d’une convention de financement des travaux ­préparatoires.

À propos du conseil d’IDFM, Marc Pélissier, président de la Fnaut précise : « Ils ont approuvé un avant-projet tout en disant qu’il fallait essayer d’optimiser les coûts parce qu’aujourd’hui le financement des travaux n’est pas du tout garanti. »

« Il y a eu des dépassements budgétaires très conséquents sur la première tranche, je pense inférieurs à 30 % mais très conséquents », abonde le maire de Saint-Germain-en-Laye, Arnaud Péricard (DVD). « C’est considérable et c’est même tout à fait inquiétant », s’alarme Marc Pélissier de la situation. À propos du conseil d’IDFM, il précise : « Ils ont approuvé un avant-projet tout en disant qu’il fallait essayer d’optimiser les coûts parce qu’aujourd’hui le financement des travaux n’est pas du tout garanti. »

Selon lui, une des premières pistes explorées par IDFM ­consisterait à abandonner la compatibilité avec le fret pour les gares de Saint-Germain Grande ceinture. « Jusqu’à présent, l’État a souhaité que la ligne de Grande ceinture reste utilisable pour le fret au cas où et donc ça crée des contraintes importantes, précise-t-il. Du coup il faut garder un certain nombre de gabarits, de caractéristiques, d’alimentation électrique, ça complique pas mal et donc Île-de-France mobilités va demander à ce que cette possibilité, cette obligation de compatibilité avec le fret soit levée. Du coup ce n’est plus vraiment un tram-train, on peut se demander si le Tram 13 n’aurait pas dû au départ être un simple tramway ce qui aurait s­implifié pas mal de choses. »

Le calendrier pourrait également être contraignant, le projet ayant été déclaré d’utilité publique en 2018. « La déclaration d’utilité publique (DUP) qui court jusqu’en 2023 devrait être prolongée, sauf que la jurisprudence fait que si on dépasse de 30 %, on ne pourra pas prolonger, complète Suzanne Jaunet. Ça veut dire nouvelle DUP et de nouveaux délais. »

Crédits photo article : ÎLE-DE-FRANCE MOBILITES