« Fierté, promesse tenue et confiance. » Ces mots ont été choisis par le président du groupe Renault, Jean-Dominique Senard, pour décrire l’activité de reconditionnement automobile Factory VO à Flins et opérationnelle depuis septembre dernier. Alors que la production de voitures sur ce site s’arrêtera à l’horizon 2024, La Gazette indiquait déjà en décembre 2020 que le reconditionnement automobile serait l’un des pôles phares du projet Re-Factory présenté par le groupe le 25 novembre 2020. Pour son premier anniversaire, une visite de presse a été organisée le 30 novembre. La direction du groupe a alors annoncé qu’elle comptait accroître le nombre d’activités présentes à la Factory VO et développer sa cadence.

« Pour les deux ans à venir, nous prévoyons d’augmenter les capacités [de reconditionnement automobile] mais aussi d’introduire de nouvelles activités avec, par exemple, la réparation de carrosserie très, très lourde. Nous allons également tester le potentiel et étendre l’offre de [reconversion] des véhicules utilitaires à l’électrique », affirme le directeur général du groupe Renault, Luca de Meo. Selon le groupe, la Factory VO est conçue pour « reconditionner tous les types de véhicules, de toutes marques ». Depuis son lancement, plus de 1 500 voitures ont été reconditionnées à destination du réseau commercial. Ce chiffre est voué à croître.

« On a commencé avec 12 véhicules par jour. Maintenant, je pense qu’on en est plutôt à 40-50 et on peut arriver à 180, ici, avec ces infrastructures-là », explique le directeur général. Avec une telle cadence, le nombre de salariés doit suivre. Environ 4 200 personnes travaillaient à Renault-Flins en novembre 2020. Or, en 2030, la direction du groupe prévoit « plus de 3 000 emplois » sur le site. Alors que les syndicats s’inquiètent de cette baisse, Jean-Dominique Senard se veut rassurant. « C’est un chiffre qu’on espère être le minimum mais on est quand même sur ces chiffres-là, déclare-t-il. Mais je vous rappelle [cependant] que, quand je suis arrivé [à la tête de Renault en janvier 2019], on disait qu’il allait peut-être falloir ­fermer Flins [et cela n’est pas le cas]. »

« D’ici fin 2021, ce sont 2 000 réparations de batteries qui seront réalisées et nous visons […] 20 000 réparations par an à l’horizon 2030 et peut-être plus si on en aura les moyens », détaille le directeur général du groupe Renault, Luca De Meo.

Pour Luca De Meo, la fermeture aurait été un coup dur pour l’entreprise. « Le coût de fermer Flins était très important, confie-t-il. [La reconversion] c’est un bon deal pour tout le monde. » Les employés de la Re-Factory à Flins rencontrés à la visite de presse partageaient l’avis du directeur général du groupe Renault. Plusieurs d’entre eux se sont même dit satisfaits de travailler à la Factory VO. « Franchement [entre mon activité avant au montage et maintenant], ça n’a rien à voir. Là-bas c’était à la chaîne. C’est le stress de la chaîne, il faut suivre la cadence. Là c’est la cadence mais autrement. On travaille un peu plus tranquillement », déclare l’un des employés de Renault-Flins depuis cinq ans. Selon lui, au lancement de la Re-Factory, beaucoup de salariés auraient postulé.

De plus, la Renault Zoé fabriquée à Renault-Flins arrivera en fin de vie en 2024 et ses ventes déclinent. Interrogé sur l’éventualité de cesser la production de ce véhicule avant 2024, Luca De Meo se veut « optimiste ». « C’est normal [que les ventes déclinent], la voiture a quand même son âge (la commercialisation de la Renault Zoé a officiellement été lancée en France en mars 2013, Ndlr), on a de nouveaux compétiteurs », explique-t-il. La nouvelle Renault Zoé, elle, avait été ­lancée en septembre 2019.

Luca De Meo insiste aussi sur le fait que la Re-Factory ne concerne pas que le reconditionnement automobile. En plus d’un centre de formation aux métiers liés au reconditionnement automobile (voir notre édition du 14 avril), la réparation de batteries est au programme. « D’ici fin 2021, ce sont 2 000 réparations de batteries qui seront réalisées et nous visons […] 20 000 réparations par an à l’horizon 2030 et peut-être plus si on en aura les moyens », détaille-t-il.

La réparation de batteries n’est pas la seule activité envisagée sur cette pièce automobile par le groupe. « Nous avons aussi installé un dispositif de stockage d’énergie à partir de batteries avec une capacité de 15 mW sur le site de Flins, poursuit-il. C’est le projet qu’on appelle Advanced battery storage. Avec Mobilize, on développe aussi la deuxième vie de batteries pour créer des systèmes de stockage d’énergie pour des usages multiples, sur par exemple des chantiers de construction pour le stockage d’énergie solaire ou, par exemple à bord de bateaux. »

L’activité de reconditionnement automobile Factory VO à Flins est opérationnelle depuis septembre dernier. Depuis son lancement, plus de 1 500 voitures ont été reconditionnées à destination du réseau commercial.

Interrogé sur l’éventualité de voir se répliquer des projets de Re-Factory dans d’autres usines, Luca De Meo ne ferme pas la porte à cette possibilité. Il a même annoncé qu’un deuxième était prévu en Espagne. Selon lui, la Re-Factory intéresse également au Brésil. « C’est une fierté », lâche l’un des salariés de la Re-Factory VO à Flins. Quoi qu’il en soit, comme l’affirmait Luca De Meo en novembre 2020, Renault-Flins sera « la première usine européenne d’économie circulaire dédiée à la mobilité avec un bilan souhaité de CO2 négatif en 2030 ».

Le Département pourrait acquérir
du foncier à Renault-Flins

Le 30 novembre, le président du groupe Renault, Jean-Dominique Senard, a confié à La Gazette que le Département s’était rapproché du groupe automobile « il y a déjà quelques temps » pour acquérir du foncier sur le site de Flins. Jean-­Dominique ­Senard n’y est pas ­opposé.

« Comme le site est, lui-même, en pleine transformation, il y a toujours une réutilisation des surfaces qui peut être intelligente, lâche-t-il. Et puis, dans tous les partenariats extérieurs qu’on peut faire, le Département peut nous aider. » Néanmoins, selon lui, rien n’est acté. « Tout ce que je peux vous dire c’est que les équipes ­travaillent ensemble », avoue-t-il.