« Je ne suis pas là pour dire que ça n’est pas de notre faute […] c’est nous qui sommes responsables de ce qui se passe, de ce qui s’est passé et de tout ce qui va encore pouvoir arriver sur ce réseau », confesse le directeur de Keolis Seine et Oise Est, Jérôme Dupont, devant les usagers ­carriérois ce mercredi 15 décembre.

Invitée par la Ville, la société en charge de l’exploitation et la maintenance du réseau de bus de l’Est de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) s’est expliqué sur les dysfonctionnements qui touchent le réseau depuis sa prise de fonction le 1er août dernier. Malgré les efforts exposés par le transporteur, les usagers déplorent encore de nombreux couacs et réclament un service de bus moins saturé.

La rentrée de septembre avait été particulièrement difficile sur les lignes du réseau Mureaux/Poissy, le nouvel opérateur étant confronté à un manque de chauffeur. Après le transfert de 450 salariés vers la société Keolis, de nombreux conducteurs n’ont jamais refait surface. « On est arrivé à un moment à plus de 25 % de manque de personnes », rappelle Jérôme Dupont qui estime aujourd’hui les besoins de recrutement à environ vingt conducteurs, soit la moitié de l’objectif fixé en septembre.

Dès son arrivée, Keolis avait également été amputé de 16 % de son parc de véhicules. Grâce à une quinzaine de renforts et aux réparations engagés, le site « va bientôt dépasser les 90 % [de disponibilité] », indique le délégataire, déplorant la gestion de son prédécesseur. « Le parc était dans un état extrêmement vétuste et dangereux pour certains [véhicules] sur un plan sécuritaire : nous avions des véhicules dont les disques de freins étaient largement en dessous de la cote, nous avions des véhicules avec des risques d’incendies, rapporte Jérôme Dupuis. Le sortant a été mauvais perdant, nous n’avons pas eu les informations, pour celles qu’on a demandé on a reçu 250 000 documents d’un coup. »

Si le groupe note une nette augmentation de son taux de réalisation de courses avec une moyenne de 98 % relevée sur une semaine type de novembre, pour les usagers présents au pôle Michel Colucci ce soir-là, le service ne semble toujours pas à la hauteur. Ces derniers signalent encore des retards trop fréquents, des lignes aux rotations trop faibles, mais aussi des problèmes de saturation. « Moi mon fils est obligé d’aller jusqu’au [lycée] Corbusier à pied car la ligne 25 est en retard tous les jours et résultat, lorsque les bus passent, ils sont blindés et ne s’arrêtent même pas, là ça commence vraiment à être irritant pour tout le monde », grince une mère de famille carriéroise.

« Effectivement le point le plus sensible, c’est le matin : ces prises de service qui ont lieu entre 4 h 30 et 7 h où on n’a pas forcément, en cas de retard et en cas d’absences, de solutions immédiates à trouver », décrypte-t-on du côté de Keolis en précisant qu’une restructuration complète du réseau sera faite entre « octobre 2022 et janvier 2023 ».