Dans le cadre de la rénovation urbaine, le futur visage du quartier mantais du Val Fourré se dessine peu à peu. Pour recueillir l’avis des habitants et échanger avec eux sur les différents projets d’aménagement envisagés dans le quartier, l’Établissement public foncier d’Île-de-France (Epfif) a organisé, le 11 février, un stand d’information sur les dalles du boulevard Georges Clémenceau. Parmi les différents projets, la démolition de la tour Jupiter est, entre autres, prévue. Composée de 105 logements en copropriété, sa disparition est attendue à l’horizon 2027.

« On sait que l’acquisition de 105 logements va être assez longue. On espère être propriétaire de tous les logements pour 2025 et après il y a une phase de relogement. La phase de relogement on la démarre dès maintenant […]. 2027 c’est l’objectif mais on sait que, pour ce type de projet, c’est un objectif ambitieux. Il ne faut pas exclure que ce soit un peu plus long », déclare Judith Quentin, directrice de l’opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national (Orcod-In) à Mantes-la-Jolie en charge d’accompagner, de soutenir et de transformer les copropriétés en grandes difficultés.

Alors que « dix » logements de la tour Jupiter ont d’ores et déjà été acquis par l’Epfif, Judith Quentin affirme que la priorité concerne avant tout le relogement des premières tours qui seront démolies, à savoir les tours Ader dont le bailleur social, Les Résidences Yvelines Essonne, avait acté leur démolition en 2018. Celle-ci devrait avoir lieu à l’horizon 2024. « La priorité reste quand même de reloger les tours Ader », indique-t-elle du calendrier envisagé.

Mais si la volonté de l’Epfif est d’acquérir, à terme, l’ensemble des logements de la tour Jupiter, les copropriétaires ne semblent pas tous prêts à céder leurs biens. « Moi l’avis des habitants, je vous le dis tout de suite : tous veulent rester chez eux […], déclare l’un d’eux. Dans tous les cas de figure, cette proposition de détruire la tour est exclue […]. Nous sommes chez nous, on y reste. »

Le président du conseil syndical de la tour Jupiter (à gauche), Jean Bégué ne cache pas son incompréhension à l’idée de détruire le bâtiment alors que sa jumelle, Neptune (à droite), a fait l’objet d’une réhabilitation.

« [Les tours Jupiter, Mercure et Pluton] sont trois tours qui connaissent d’importants problèmes de gestion, de dégradation et nécessiteraient des travaux très importants pour être maintenues », affirme Judith Quentin des raisons de démolir ces trois tours, Mercure et de Pluton étant deux tours « à vocation locative sociale », à la différence de la tour Jupiter.

« On a quand même eu pas mal de travaux qui ont été faits ici, rétorque le président du conseil syndical de ce dernier bâtiment, Jean Bégué, en ne cachant pas son incompréhension à l’idée de détruire la tour Jupiter alors que sa jumelle, Neptune, a fait l’objet d’une réhabilitation. On a refait la toiture […], on a refait l’électricité des parties communes, on est en train de finir les VMC de façon à ce que les appartements ne soient pas insalubres, qu’il y ait une aération. » Le 11 février, La Gazette a pu visiter les parties communes de la tour ainsi qu’un des appartements pour constater leur état. Jean Bégué précise cependant que l’isolation thermique et ­acoustique pourrait être revue.

Selon Le Parisien, la copropriété Jupiter affichait cependant, en 2013, « un déficit de 169 000 euros ». « Le problème c’est qu’ici il y a des marchands de sommeil et ce qui les intéresse c’est de prendre n’importe qui qui se présente pour un logement, justifie de cette situation un habitant de l’immeuble à La Gazette. Ils prennent le loyer mais ils ne payent pas leurs charges. L’essentiel pour eux c’est de prendre l’argent. C’est pour cela qu’on s’est trouvé un peu endettés. Ce n’est pas de notre faute, c’est de la faute de ces gens-là! »

Quant au prix de rachat des logements, les copropriétaires rencontrés par La Gazette estiment qu’ils ne sont pas suffisamment élevés et n’incitent donc pas à déménager. « Je n’ai pas les prix officiels mais, évidemment, ils rachètent très peu cher […], explique Jean Bégué. Il y en a un qui avait un F4, on lui avait proposé 74 000 euros. Avec 74 000 euros, comment peut-il se reloger dans un appartement d’une surface ­équivalente ailleurs ? C’est ­impossible. »