Alors que le projet immobilier sur le plateau du Mitan n’avait pas connu d’actualité publique depuis plusieurs années, la municipalité a organisé deux réunions publiques les 31 et 7 avril derniers. Environ 180 personnes sur ces deux réunions ont assisté à la présentation d’un nouveau projet de 135 logements, dont une résidence intergénérationelle de 85 logements, porté par le promoteur Atland et les Maisons de Marianne.

Pour le maire Benoît de Laurens (SE), il s’agit de développer le village, tout en anticipant les conséquences de la loi SRU, qui impose aux communes de plus de 1 500 habitants dans l’unité urbaine de Paris d’avoir 25 % de logements sociaux. Chapet compte actuellement 1 360 habitants, le maire voit la commune atteindre 1 500 habitants aux alentours de 2025. Si les Chapetois n’ont pas rejeté en bloc le projet, ils se sont toutefois inquiétés de l’impact de la création d’un deuxième pôle dans le village, craignant pour ­l’engorgement des rues.

Cette zone située à l’Est de Chapet, dont les terrains ont été acquis pour 3,7 millions d’euros à l’Etablissement public foncier d’Île-de-France, a connu plusieurs projets d’aménagements. En 2015, un premier projet porté par l’Etablissement public d’aménagement du Mantois Seine aval (Epamsa) prévoyait la construction de 340 logements, avant d’être divisé par trois un an plus tard. Finalement, ce dernier projet a lui aussi été stoppé (sollicité, l’aménageur n’a pas donné suite, Ndlr).

L’intérêt du nouveau projet est « qu’on ne fait pas du logement social classique », insiste l’édile, à propos de la résidence intergénérationnelle. Dans ce nouveau quartier, seraient aussi construits 39 maisons individuelles et 11 appartements et trois terrains seraient laissés à bâtir. En dessous des appartements, des cellules seront laissées vides pour accueillir des commerces. Concernant les parkings, « le stationnement est en sous-sol pour la résidence intergénérationnelle ou des petits parkings […] et la voirie est complètement libérée de la voiture », note Lionel Blanquard de Léry, architecte avant d’ajouter que certaines maisons pourront avoir « jusqu’à cinq, six places », de ­stationnement.

« Pouvez-vous préciser les voies d’accès à ce projet ? », questionne un ­Chapetois, tandis qu’un autre fait remarquer la difficile configuration de la rue des Caves Ferronnières. « Il y aura de gros travaux de voirie et ce sera important de discuter avec vous du dimensionnement de ces voiries, des sens de circulation », poursuit Lionel Blanquard de Léry.

Lors de la deuxième réunion, les avis étaient plus positifs, mais quelques interrogations demeurent. « Ce projet décale tout le centre du village vers la droite, je ne sais pas comment le maire a prévu de recentrer vers le centre historique », constate l’un des participants. « À partir du moment où il y a un deuxième pôle d’activités ici avec la halle, le commerce et la [résidence intergénérationnelle] […], l’idée c’est effectivement d’avoir un raisonnement très très abouti sur les circulations, les lieux de promenades, répond Benoît de Laurens du rattachement de ce quartier au centre-ville. Moi si ce truc est complètement séparé, vit par là-bas, et n’est pas intégré au village, franchement ça n’a pas d’intérêt. »