Laurent Brosse passe le balai dans son équipe. Lors du dernier conseil municipal, lundi 4 juillet, les adjoints délégués à la sécurité et aux finances, Mickaël Littière et Youssef Meniar-Aubry, ont été démis de leurs fonctions. Cette éviction fait suite au soutien appuyé des marcheurs de l’équipe majoritaire envers la députée Ensemble, Nadia Hai, lors des élections législatives pour lesquelles le maire de Conflans-Sainte-Honorine DVD, investi par Les Républicains, était également candidat.

L’alliance construite entre Laurent Brosse et les marcheurs conflanais à l’occasion des élections municipales de 2020 n’aura finalement tenu que deux ans. L’entente qui avait en partie permis au sortant d’être réélu confortablement dès le premier tour a totalement volé en éclats durant la campagne à la députation.

Bien que l’ancienne ministre déléguée à la Ville lui avait été préférée par le clan présidentiel, Mickaël Littière, qui est le référent départemental LREM des Yvelines, avait accepté de suppléer la candidate désignée dans la 7e circonscription. Cette décision lui a valu le retrait de ses délégations de maire-­adjoint à la sécurité le 27 juin dernier.

Car dans la capitale de la batellerie la règle était claire. « Pas de problèmes à faire campagne pour la candidate adverse », mais pas de visage local contre le maire. « Dès lors que l’un de mes adjoints se présente contre moi à des élections, fussent-elles supra-communales, la relation de confiance entre nous est forcément rompue », justifie de sa décision Laurent Brosse.

Les votes devant acter le maintien, ou non, de Mickaël Littière et de Youssef Meniar-Aubry dans leurs fonctions d’adjoints se sont déroulés à bulletins secrets.

L’édile a également mal digéré le communiqué cosigné par les huit marcheurs de son équipe qui fustigeaient son positionnement politique. « Chacun d’entre vous sait comment se passe une campagne électorale, cela peut parfois être violent. Et lorsqu’une partie de la majorité municipale rédige et signe un communiqué de presse me visant expressément, non pas seulement en tant que candidat à des élections législatives mais en tant que maire, il devient impossible de maintenir, de poursuivre, une collaboration étroite », détaille l’édile.

De leur côté, les deux adjoints dénoncent une « sanction politique » d’un maire « mauvais perdant ». « D’après vous, pour exercer des responsabilités dans votre équipe il faut donc vous suivre aveuglément dans vos choix personnels, il faut s’interdire d’avoir une opinion politique différente de la vôtre, critique Mickaël Littière. C’est vous qui avez rompu le pacte de confiance en ne respectant pas la diversité de votre équipe qui, je le rappelle, s’est engagée derrière un maire sans étiquette en 2020. »

Suite aux deux votes qui se sont déroulés à bulletins secrets, 23 des 37 suffrages se sont opposés au maintien de Mickaël Littière dans ses fonctions d’adjoint. Youssef Meniar-Aubry n’a pas non plus sauvé sa place avec seulement 13 voix en sa faveur. Après cette fracture, les huit élus En marche de la majorité municipale ont annoncé leur décision de créer un nouveau groupe d’opposition. Pour le moment, Laurent Brosse conserve tout de même une majorité autour de la table.