« On voulait faire plaisir à nos adhérents pour la nouvelle année 2023 qui commence très bien. » Mokhtar Boutchiche, président du club formateur de boxe française AS Gant d’or, à Aubergenville, depuis 1990, est particulièrement fier de l’événement organisé le 13 janvier au gymnase du lycée aubergenvillois Van Gogh. Ce jour-là, Enoch Effah, triple champion du monde de savate boxe française et sacré à plusieurs reprises champion de France et d’Europe, est venu entraîner une trentaine de personnes, licenciées au club ou non, dans le cadre d’un stage technique. Pour l’intervenant, l’événement était l’occasion de transmettre des conseils aux pratiquants de ce sport mais également de leur transmettre les valeurs de la savate boxe française.

« La boxe est un art de vivre […]. Je pense qu’aujourd’hui on est dans une société où les gens sont en quête de sens. Ils ont envie d’être engagé par rapport à quelque chose qui les anime. Les gens ont envie de se trouver, de se connaître un peu plus […]. C’est vraiment une mission d’emmener les gens à se révéler grâce aux valeurs de la savate boxe française [que sont notamment le fair-play, la rigueur et la discipline]. Si [on transpose] ces valeurs dans la vie quotidienne, cela nous permet d’être meilleure femme, meilleur homme [ou encore] meilleur entrepreneur », déclare Enoch Effah qui insiste sur le fait que, selon lui, la transposition de ces valeurs à la vie quotidienne est ce qu’il y a de plus difficile en boxe française.

Selon Amine Boutchiche, un encadrant au club formateur As Gant d’or qui a été plusieurs fois champion de France, champion d’Europe et vice-champion du monde, la rigueur et la discipline sont particulièrement difficiles à acquérir dans ce sport. « La régularité c’est ce qu’il y a de plus difficile en boxe française […]. Il est compliqué d’avoir une activité physique régulière [à cause des] contraintes professionnelles qui sont prioritaires et le fait de pouvoir rester motivé tout au long de l’année, tout au long des saisons, tout au long de la pratique. C’est compliqué. Dans cette discipline comme dans plein d’autres, ce qui fait la différence, ce qui va permettre de progresser c’est [surtout] la régularité. »

Les personnes présentes au stage technique étaient en tout cas impressionnées par le palmarès d’Enoch Effah. Sur 51 combats, il a remporté 48 victoires. « Cela est agréable de rencontrer des champions, de voir comment ils boxent. C’est très intéressant. Aujourd’hui j’apprends notamment à respirer, j’apprends à ne pas avoir peur des coups », déclare Hayat, 41 ans, licenciée au club As Gant d’or depuis six ans et pratiquant la boxe française deux fois par semaine.

Selon Amine Boutchiche, d’autres stages techniques seront organisés avec des boxeurs professionnels. « En général, on essaye de reproduire ce genre d’événements deux à trois fois dans l’année pour nos adhérents et pour les personnes extérieures. Aujourd’hui, je ne pourrai pas vous dire [quels sont les boxeurs professionnels qui pourraient être amenés à venir]. On a des pistes mais tant que ce n’est pas conclu, on ne peut pas se permettre de le dire […]. On ne peut pas citer de noms mais on peut vous garantir, qu’avant la fin de la saison, on pourra reproduire ce genre de stage. »

Enoch Effah affirme en tout cas qu’il serait ravi à l’idée de pouvoir revenir à nouveau. « Ce serait avec plaisir. Je choisis les clubs dans lesquels j’interviens selon leur état d’esprit. Ici, [à l’AS Gant d’or], il y a un bon état d’esprit. Les équipes [encadrantes] ont compris qu’il fallait d’abord transmettre les valeurs de ce sport [et notamment auprès des personnes pratiquant en loisirs]. Les gens qui veulent faire du sport de contact en loisirs, il y en a bien plus qu’on ne le pense. Ce qui peut les freiner c’est qu’on privilégie souvent les professionnels […]. Ici, à l’As Gant d’or, ils ont compris que [les personnes pratiquant en loisirs] sont les champions du quotidien […]. C’est très intéressant en termes de valeurs à transmettre et en termes de discipline à faire grossir. »