Protoxyde d’azote : une ministre en visite à la clinique de l’Oiseau blanc

Chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne était en visite du côté de la clinique mantaise le mardi 7 avril, pour rencontrer des patients suivis en rééducation et évoquer les dangers de la consommation récréative de protoxyde d’azote.

Ville de Mantes-la-Jolie

« Le protoxyde d’azote n’est pas un jeu. C’est un poison qui détruit des vies ». Pour lancer la campagne nationale de sensibilisation du Gouvernement, la Ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, a choisi la clinique de l’Oiseau blanc, à Mantes-la-Jolie. Et ce n’est pas un hasard : l’établissement est devenu un fleuron de la lutte contre l’usage détourné du protoxyde d’azote en « gaz hilarant », et de la rééducation de ses victimes.

Accompagnée par le Préfet des Yvelines Frédéric Rose, du Sous-Préfet de Mantes-la-Jolie Eric Zabouraeff, ou encore de la sénatrice Sophie Primas et du maire de Mantes-la-Jolie Adama Gaye, elle a pu rencontrer des membres du personnel médical, ainsi que des patients suivis en rééducation. L’occasion, donc, de donner le coup d’envoi d’une vaste opération de communication pour rappeler le danger de la consommation récréative de ce produit, accessible à tout un chacun dans le commerce. « Lorsqu’un danger se banalise, il devient massif et lorsqu’il devient massif, il devient mortel, insiste Marie-Pierre Vedrenne. Je refuse que notre jeunesse paie le prix de cette indifférence ».

Ce sont les chiffres alarmants de la consommation du « proto » qui ont poussé le Gouvernement à agir. En effet, entre 2022 et 2023, les signalements d’intoxications, dont 10 % concernent des mineurs, ont été multipliés par 3, et les cas graves multipliés par 4 sur la même période. 59 % de ces signalements correspondent à des usages répétés sur plus d’un an, et 50 % décrivent une consommation quotidienne. Plus inquiétant encore : 80 % des signalements font état de troubles neurologiques.

Depuis des mois, Marie-Pierre Vedrenne se déplace auprès d’acteurs mobilisés contre l’usage détourné du protoxyde d’azote. (Ville de Mantes-la-Jolie)

Au-delà de la prévention, l’État accélère sur le volet répressif. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a présenté le 25 mars le projet de loi RIPOST, qui apporte de nouvelles mesures juridiques. Inhaler du protoxyde d’azote, en dehors du cadre médical, deviendra un délit passible d’une peine d’un an de prison et de 3750 euros d’amende. Transporter du protoxyde d’azote sans motif légitime sera également passible de 2 ans de prison et 7500 euros d’amende, et la conduite sous son emprise de 3 ans de prison et 9000 euros d’amende. Sa vente sera d’ailleurs strictement encadrée et interdite la nuit. Vendre illégalement du protoxyde d’azote sera sanctionné de 6 mois d’emprisonnement et 7500 euros d’amende, et les commerces contrevenants feront l’objet d’une fermeture administrative. « Le Gouvernement sera au rendez-vous : pour prévenir, pour protéger, pour responsabiliser et pour sanctionner sans faiblesse ceux qui mettent des vies en danger », martèle la ministre déléguée.

Dans les Yvelines, on n’a pas attendu que la loi aboutisse : au mois de février, la Préfecture a interdit la vente de protoxyde d’azote aux particuliers, tout comme la détention et la consommation sur la voie publique, ainsi que le dépôt et l’abandon de ­récipients. L’arrêté préfectoral reste en vigueur jusqu’au 31 mai prochain.