
L’occasion faisant le larron. Lors de la journée internationale des femmes et des filles de science – fixée au 11 février par l’UNESCO – l’IUT de Mantes-la-Jolie organisait pour la deuxième année consécutive un événement autour de cette thématique. « J’en avais marre de n’avoir qu’une ou deux filles par promo » explique Yamina Sehil, directrice des études département Génie industriel et maintenance (GIM) au sein cet établissement supérieur.
L’association Femmes Ingénieures confirme ses dires : bien que les professions scientifiques se féminisent, les femmes ne représentent encore que 25 % des ingénieurs et 15 % des techniciens. Alors, avec la bénédiction de l’Université de Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) dont dépend l’IUT, la responsable de section a pu construire ce rendez-vous annuel dont le but est de briser les barrières mentales que se mettent certaines jeunes filles. « Si elles n’ont pas 18 de moyenne en mathématiques, elles vont hésiter à s’inscrire dans un cursus ingénieur » indique Claudine Barruet, déléguée régionale IDF pour l’association Elles Bougent.
150 collégiennes issues des trois établissements scolaires de Mantes-la-Jolie (Pasteur, Clémenceau et Ferry) étaient donc invitées à rencontrer leur éventuel futur moi, une tranche d’âge particulièrement ciblée puisque les études démontrent que le décrochage se fait aux alentours de la 4eme et de la 3eme. Autour d’une table ronde, des responsables de service, des manageuses, de directrices des ressources humaines ont ainsi pu délivrer le même message : « L’industrie a besoin de vous. »
Ensuite, pour que ce moment soit plus concernant, les élèves ont pu échanger avec des femmes inspirantes comme Zaynab Rhanim. Actuellement directrice de l’atelier ferrage chez Stellantis – « c’est là où on soude les pièces en tôle » pour résumer simplement – elle avait été embauchée grâce à un programme qui valorise les jeunes talents. Ainsi, Zaynab s’est retrouvée à la tête d’une petite équipe dès son entrée dans le groupe automobile. « Le plus difficile venait plus du fait d’être jeune que d’être une femme » se remémore celle qui a joué la carte de l’humilité au moment de son arrivée. Par ailleurs, elle loue les formations que Stellantis a pu lui proposer afin de parfaire ses connaissances et son intégration dans le colloque « Women in Manufacturing », réunissant plusieurs femmes avec des responsabilités et venant de tous les sites.
Autre portrait plus proche de l’âge des collégiennes, Florencia. En BUT GIM, cette jeune fille de 19 ans originaire du Congo s’est prise de passion pour les robots : « Je voulais savoir comment on les construit, comment on les répare. » Déjà épanouie dans ses études, elle souhaite devenir ingénieure, poussée également par son entourage. « C’est la dernière strate qu’on a du mal à toucher, regrette Claudine Barruet. Les parents ont peur de laisser leur fille dans un environnement masculin. »
C’est aussi pour cela qu’il y avait un stand de sensibilisation autour des violences sexistes et sexuelles, et que les collégiens étaient aussi invités à venir à cette journée.