Plus de 200 agriculteurs franciliens, et politiques locaux, se sont réunis devant l’abattoir Guy Harang ce jeudi 23 février. Ils ont massivement répondu présent à l’appel de soutien à l’établissement, seul abattoir de porcs d’Île-de-France, lancé par la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) d’Ile-de-France et les Jeunes agriculteurs.

La polémique autour de l’abattoir houdanais avait enflée après la diffusion d’une vidéo, filmée par l’association de protection animale L214, montrant des actes de « maltraitance » de cochons. « Lundi soir, j’apprends que les végans vont venir (un rassemblement « citoyen pacifique » était en effet prévu le 23 février, Ndlr), raconte François Lecoq, président du syndicat local de Houdan de la FDSEA. On se dit : c’est pas possible qu’ils mettent cet abattoir par terre, il faut qu’il y ait un autre courant d’idée. »

Ce rassemblement était donc une contre-manifestation : « Notre réussite est totale car déjà ce soir, ils ne sont pas venus », se satisfait François Lecoq. Sur une remorque installée en face de l’abattoir, plusieurs agriculteurs ont reproché aux « végans » de vouloir « fermer […] le seul abattoir qu’il reste en Île-de-France, s’est par exemple indigné Xavier, éleveur porcin de Seine-et-Marne. S’il disparaît, toute la filière courte du département est menacée. »

De nombreux représentants politiques Les Républicains du territoire sont également venus affirmer leur soutien à l’abattoir Guy Harang. « Je déplore qu’une centaine d’emplois implantés dans nos territoires soit ainsi mis en péril », a déclaré Pauline Winocour-Lefèvre (LR) au nom du conseil départemental. Complété par le député-maire de Houdan, Jean-Marie Tétart (LR), pour qui « On ne peut pas […] leur permettre de prendre en otage un établissement pour en faire l’exemple et le ruiner. »

Plusieurs ont également reproché à l’association L214 d’être « sectaire ». « Des gens ont le droit de refuser de manger de la viande, reconnait François Lecoq. Mais il ne faut pas qu’une partie de la population oblige une autre à ne plus manger de viande. »

A chaque nouvelle annonce de rassemblement devant l’abattoir houdanais, les agriculteurs promettent d’être présents comme cela a été le cas ce jeudi 23 février. « Ils sont interdits de territoire (le canton de Houdan, Ndlr) par la FDSEA, prévient François Lecoq en référence à l’association L214. A chaque fois qu’ils seront là, nous serons là. »

Trois jours de mise à pied pour l’employé

Présent lors du rassemblement d’agriculteurs du jeudi 23 février, Vincent Harang, le directeur de l’établissement Guy Harang, a indiqué que l’employé mis en cause par la vidéo avait eu « trois jours de mise à pied. » Et d’ajouter que cet employé avait désormais l’interdiction de travailler dans les parties où le porc est vivant. « J’ai vu qu’il était sur un accès de colère », confie Vincent Harang des gestes de cet employé. Mais il estime que « la sanction est faite et ça n’ira pas plus loin ».