Ces habitants du quartier Saint-Exupéry ne veulent pas d’antenne 5G sur leur toit

Réunis en collectif, des riverains de la rue Saint-Sébastien de Poissy s’inquiètent de voir le l’opérateur Free préparer l’installation d’une nouvelle antenne relais au sommet de leur immeuble. Ils espèrent un dialogue avec le bailleur Immobilière 3F.

C’est avec le visage inquiet que le jeune Imad nous accueille au pied de son immeuble du 117 rue Saint-Sébastien à Poissy. A 24 ans, il est depuis peu le président de l’association Sociale Culturelle et Solidaire de Saint-Exupéry, qu’il a lui-même fondé avec son ami Youcef pour devenir le porte-parole de ses voisins. S’il est tracassé, c’est pour une raison simple : quelques jours plus tôt, le 28 avril pour être précis, plusieurs habitants du quartier se sont étonnés de voir débarquer une grue au niveau de leur bâtiment, sans avoir été prévenus au préalable. En se renseignant auprès des responsables du chantier, ils apprennent que ces travaux ont pour objectif de préparer l’installation d’une antenne 5G sur le toit de l’immeuble, pour l’opérateur Free. « On s’est senti trahis, ça a été fait dans notre dos, dénonce Imad. Ils savent qu’on est contre, alors ils le font en douce ».

Revenons un petit peu en arrière. Deux ans plus tôt, les habitants s’étaient déjà mobilisés lorsque « des travaux d’installation d’antennes-relais 4G/5G avaient été réalisés en catimini sur le toit du 117 rue Saint Sébastien par Bouygues Télécom, sans informer les habitants du réel projet ». C’est en tout cas ce que mentionne la pétition « Non à l’installation des antennes 4G/5G dans le quartier Saint Exupéry à Poissy ! », créée à l’époque et qui rassemble aujourd’hui plus de 120 signatures. Face à la ferme opposition des riverains, et suite à une réunion publique mouvementée avec l’opérateur et le bailleur Immobilière 3F qui avait nécessité l’intervention de la police, Bouygues Télécom avait fini par renoncer à ériger son antenne.

Une victoire pour les habitants, donc, mais qui a finalement laissé place à la crainte de voir un autre opérateur prendre le relais. « Il y a déjà 4 antennes 5G installées sur le toit du bâtiment du 121, il n’y a aucun besoin d’en installer d’autres, peste un habitant. En plus, il y a deux écoles et plusieurs crèches à proximité ». On touche là au nœud du problème : les riverains s’inquiètent des potentiels effets nocifs pour la santé que pourraient avoir les ondes de ces antennes-relais.

Contactée par la rédaction, le bailleur a confirmé que les travaux du 28 avril consistaient en l’installation d’un compteur électrique Linky pour permettre la future installation d’une antenne. « Si l’information n’a pas été transmise aux locataires, c’est parce qu’on n’a aucun planning quant à l’intervention de l’opérateur, précise Thierry Sure, Directeur Habitants et Territoires d’Immobilière 3F. Il faut qu’on prenne le temps de bien communiquer, mais si on leur explique ce qu’on veut faire mais qu’on ne sait pas quand, cela va créer de la frustration ».

Les représentants du bailleur l’assurent : quand ils en sauront plus sur le calendrier des travaux, une réunion publique sera organisée en présence des différents acteurs, dont des représentants de l’opérateur en question. « On peut comprendre que les gens s’interrogent et s’inquiètent, admet Thierry Sure. Ce sont des questions légitimes. On a un processus qui est toujours le même : travailler dans la plus grande transparence avec la Ville, les locataires et les riverains ». La maire de Poissy, Sandrine Berno dos Santos, assure de son côté avoir « pris connaissance des alertes de plusieurs habitants », et prend acte des engagements du bailleur à mettre en place une concertation avec les locataires. « Je resterai particulièrement attentive à la qualité des échanges à venir et au respect des engagements pris par le bailleur », insiste-t-elle. Reste à voir si tout cela suffira à apaiser les riverains.