Faire table rase du passé et des projets de l’ancienne équipe municipale. Tel semblait être le mot d’ordre du conseil municipal du mardi 8 décembre et du maire, Sami Damergy (SE). Deux délibérations portant sur l’abandon des projets du groupe scolaire Brochant de Villiers au parc de la Vallée et de la maison pluridisciplinaire de santé (MSP) au niveau du centre de vie sociale Augustin Serre, dans le quartier des Merisiers.

Plus que des abandons, Sami Damergy a plutôt évoqué des « rejets » de ces deux projets, notamment en évoquant des contraintes financières lourdes car portées en très grande partie par la mairie seule. L’ancien maire et conseiller d’opposition, Cyril Nauth (RN), a lui regretté que la mairie se soumette désormais « au bon-vouloir de partenaires extérieurs » pour l’obtention de subventions, en particulier le conseil départemental, entraînant des retards de plusieurs années.

« Mantes-la-Ville ne se suffit pas à elle-même », martèle à plusieurs reprises Sadik Serrakh, adjoint en charge des affaires scolaires, pour évoquer la solitude de la mairie sur le projet Brochant de Villiers, estimé à 12,75 millions d’euros, en fonds propres. Il a également regretté que le projet n’ait été lancé qu’en 2017. Sami Damergy note quant à lui « un rejet global et massif du projet » à cet emplacement.

Et poursuit : « On va parler du projet de Mantes Université qui déjà en 2005, 2006 avait projeté une école sur la zone. » Dans son édition précédente, La Gazette indiquait effectivement que plusieurs parcelles étaient à l’étude pour implanter ce groupe scolaire intercommunal au sein de la zone d’aménagement concertée (Zac) Mantes Université. Lors du conseil municipal, Ari Benhacoun, adjoint aux finances, a précisé que cette école serait « un démonstrateur d’innovations pédagogiques ».

« Nous serions d’ailleurs curieux de savoir ce qui permettrait aujourd’hui la rétrocession d’une parcelle de la Zac Mantes Université et ce qui l’empêchait il y a trois ans, rétorque Cyril Nauth. Je rappelle qu’initialement c’était bien dans la Zac que nous avions l’intention de construire une nouvelle école. » En juillet 2017, la vente de la parcelle, initialement prévue pour ce groupe scolaire à l’Etablissement public d’aménagement du Mantois Seine aval (Epamsa), avait été bloquée par la SNCF.

Le revirement est en tout cas clair pour Cyril Nauth : « La seule raison est sans doute la volonté de blocage d’un seul homme, Pierre Bédier, président du conseil d’administration de l’Epamsa. » Ce que ne dément pas totalement l’intéressé, même s’il existait bien un blocage au niveau des terrains : « Comme Nauth, je n’ai aucune relation avec lui, c’est vrai qu’on ne s’est pas précipité pour trouver une solution à son école. »

Concernant le projet de MSP, lancé en octobre 2016, Vincent Tesson, conseiller municipal délégué, rappelle qu’« une étude avait été faite par un cabinet de conseil qui avait fixé un montant prévisionnel de 493 508 euros », pour accueillir 11 professionnels dont quatre médecins.

Mise également en cause par Cyril Nauth, car s’étant engagée à construire une nouvelle école durant son deuxième mandat, l’ancienne maire DVG Annette Peulvast a vivement réagi : « Il est exact que j’avais prévu il y a vingt ans une école, le lieu était déterminé, l’emplacement était défini, il appartenait, par le jeu des élections, à mes successeurs dont fait partie monsieur Nauth, de mettre cette école en route, cela n’a pas été fait. »

Concernant le projet de MSP, lancé en octobre 2016, Vincent Tesson, conseiller municipal délégué rappelle qu’« une étude avait été faite par un cabinet de conseil qui avait fixé un montant prévisionnel de 493 508 euros », pour accueillir 11 professionnels dont quatre médecins. Quatre ans plus tard, l’élu indique que le projet initial atteint désormais 1,2 million d’euros, en comprenant le contentieux avec le premier architecte et le projet le moins cher proposé par le second architecte, à savoir « 662 000 euros HT », là aussi « en autofinancement ».

Il regrette que parmi les objectifs affichés, seul un maintien de l’offre de soin et pas son développement n’ait été proposé. « Le taux de médecins en moyenne c’est 1 pour 1 300, nous on est à 1 pour 4 000 », précise-t-il. Parmi les engagements de ce nouveau projet, une « concertation » avec l’ensemble des professionnels de santé mantevillois, ainsi que la recherche de financements extérieurs. « En 2017 le Département a lancé le projet de maison médicale, il a débloqué 32 millions d’euros, explique Vincent Tesson. Il y a eu 23 dossiers déposés, nous étions éligibles, je n’ai pas vu le vôtre. »

« Il est clair que [le Département] n’aurait jamais accepté d’accorder une subvention non obligatoire à Mantes-la-Ville durant notre mandat, rebondit Cyril Nauth. Et quand bien même, est-ce un crime de réaliser un projet sans subventions ? » Sami Damergy a expliqué le choix d’un nouvel emplacement par la perte, pour le CVS, d’un quart de sa surface : « C’est un rejet parce que c’est un projet qui ne nous correspond pas politiquement. On va redonner au CVS l’emplacement qu’il devait avoir. » Annette Peulvast, a elle appuyé la nécessité de mener, dès à présent, la réflexion sur « la construction, à moyen-terme, d’une deuxième maison de santé ».