« Il y a une fille qui est en danger devant toi, il y a 14 personnes et tu es tout seul, qu’est-ce que tu fais ? » Dans la cour du collège des Grands champs ce jeudi 22 avril, plusieurs éducateurs de l’Académie Diomède, fondée par l’ancien footballeur Bernard Diomède en 2008, échangent avec des collégiens sur les rapports entre les hommes et les femmes. Une animation instaurée dans le cadre des vacances apprenantes et pour laquelle Nathalie Elimas (LREM), secrétaire d’État chargée de l’éducation prioritaire, est venue jauger de la pertinence. Elle a également échangé sur les contours de la future Cité éducative, dont la convention devrait être signée en juin.

« J’ai trouvé ça très intéressant à la fois dans le cadre de ces vacances apprenantes bien sûr et surtout ce que je vois et ce qui se confirme, c’est toutes les valeurs qui sont transmises et qui font le lien entre le sport et l’éducation nationale et toute la richesse que ça peut apporter à ces jeunes, en particulier dans ces quartiers, apprécie la secrétaire d’État. […] Vous avez dit occuper les enfants sur tout leur temps scolaire et c’est aussi l’objet de la cité éducative, vraiment accompagner les enfants sur tous les temps. »

Pour l’Académie Diomède, il s’agissait de la troisième intervention auprès de l’établissement scolaire. Ouvertes aux élèves des deux quartiers situés en politique de la Ville (QPV), les animations ont accueilli au total 140 jeunes durant ces vacances scolaires. « Actuellement œuvrent des jeunes qui sont du collège des Grands champs, du collège Jean Jaurès, de Le Corbusier et qui vivent dans les deux quartiers en politique de la Ville, détaille Sandrine Felquin, la principale du collège des Grands champs. Cela permet aussi qu’ils se connaissent et d’éviter parfois quelques frictions. » Des initiatives qui auraient permis au collège de « gagner 200 élèves en deux ans ».

Nathalie Elimas insiste sur la nécessité de s’appuyer sur les entreprises : « La cité éducative c’est du 0-25 ans […] c’est vrai que sur le dernier maillon on a beaucoup à travailler avec les acteurs de l’insertion dans le monde professionnel et pour les stages de 3e… »

La Cité éducative en tant que telle sera mise en œuvre dès la prochaine rentrée scolaire et cinq axes ont déjà été définis. « On va pouvoir partager avec vous cinq grands axes dont un qui est à dominante sportive, c’est effectivement ce qui a été remonté, le sport étant un vecteur d’émancipation et d’amélioration du vivre-ensemble, il est conçu comme ça dans la cité éducative, souligne Patrice Azan, délégué du préfet. […] Nous avons aussi des parcours d’expression artistique et culturelle aussi, on a l’articulation des temps scolaires et périscolaires et extra-scolaires puisqu’effectivement on veut casser le cloisonnement de chaque intervenant ou faire en sorte que ce soit l’enfant, le jeune, qui soit placé au cœur du parcours. »

Des ateliers autour de la promotion de la citoyenneté sont aussi au programme. Pour le maire DVD pisciacais, Karl Olive, cet octroi est bien plus qu’une récompense : « C’est réconfortant parce que c’est aussi pour nous la récompense du travail au quotidien qui est mis en place par celles et ceux qui sont dans l’ombre. » Bernard Diomède appuie lui sur les valeurs du sport. « Aujourd’hui le sport véhicule quand même beaucoup de valeurs, on ne parle pas de religion, pas de classe sociale », fait remarquer l’ancien champion du monde 1998.

Roxane Lavergne, directrice académique adjointe, insiste elle sur l’importance d’intégrer les familles au dispositif : « On veut aussi les aider dans la parentalité, on évoquait le chemin de la fracture numérique, les tablettes, on voudrait apprendre aux familles à s’en servir ensemble et pas uniquement à l’enfant seul dans son coin. » Pour sa part, Nathalie Elimas insiste sur la nécessité de s’appuyer sur les entreprises : « La cité éducative c’est du 0-25 ans […] c’est vrai que sur le dernier maillon on a beaucoup à travailler avec les acteurs de l’insertion dans le monde professionnel et pour les stages de 3e… »