À Poissy, les barres d’immeubles aux façades noircies qui structurent le quartier Beauregard vivent leurs derniers instants. Ici, les prochaines années vont être marquées par la réalisation d’une importante opération de renouvellement urbain qui a pour objectif de souffler un vent de fraîcheur sur le quartier classé en politique de la Ville. Au total, plus de 58 millions d’euros sont destinés à l’amélioration du parc social et des espaces publics, mais aussi à la construction de logements neufs et la réorganisation de l’ensemble. Tous ces chantiers doivent permettre de transformer Beauregard d’ici cinq ans.

Encerclé de pavillons, le quartier Beauregard s’articule autour de 46 immeubles dans lesquels vivent plus de 5 500 habitants, soit environ 14 % de la population pisciacaise. Ces barres abritent plus de 1 700 logements sociaux construits sur les hauts de Poissy à partir des années 1950 lorsque le constructeur automobile Simca-Chrysler (aujourd’hui site de production de Stellantis, Ndlr) s’est installé en contrebas de la commune, près de la Seine. Géré aujourd’hui par cinq bailleurs différents, le parc social du quartier Beauregard souffre de son âge avancé.

« Ici, les habitants n’avaient quasiment jamais pu profiter de rénovations de leurs logements », déplore le maire pisciacais, Karl Olive (DVD), en pointant du doigt l’état des façades et des balcons des différents immeubles qui abritent pour beaucoup des appartements d’époques aux bilans énergétiques désastreux.

Outre ses problèmes d’habitat, le quartier pâtit également de son propre aménagement. « Une offre commerciale polarisée qui se fragilise, qui souffre de son enclavement et du manque de places de stationnement […]. [C’est] un quartier insuffisamment maillé et accessible, ne permettant pas une connexion correcte au reste de la commune », analysent les services du Département des Yvelines , principal financeur de l’opération de renouvellement urbain du quartier au travers de son programme de Relance et d’intervention pour l’offre résidentielle (Prior’) des Yvelines.

Car contrairement au quartier voisin de La Coudraie, celui de Beauregard n’a pas été retenu pour bénéficier des crédits de l’Agence nationale du renouvellement urbain (Anru). « Et Dieu sait pourtant si ce quartier en a besoin, clame Catherine Arenou (DVD), vice-présidente déléguée à la rénovation urbaine au conseil départemental et conseillère communautaire déléguée à la politique de la Ville. Il a besoin d’autre chose que d’une réhabilitation légère comme ça se faisait il y a une vingtaine d’années, il a besoin d’une restructuration profonde et le Département l’a bien compris. » Ce dernier va injecter 28 millions d’euros pour accompagner la restructuration de l’ensemble du quartier, soit une participation de près de 40 %.

Une mutation rendue possible par l’engagement de quatre des cinq bailleurs sociaux : Domnis (629 logements), Toit & Joie (171 logements), Les Résidences Yvelines-Essonne (328 logements) et Vilogia (416 logements). Lors du dernier conseil communautaire, le jeudi 19 mai, la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) a approuvé le protocole de gouvernance du projet de renouvellement urbain pisciacais prévoyant la réhabilitation de plus de 600 logements sociaux. Cette convention détaille les opérations qui seront lancées ­prochainement.

Au total, neuf points sont inscrits dans la convention Prior’Yvelines. Notamment la réhabilitation, par Les Résidences Yvelines Essonne, de l’ensemble de son parc social situé face au Carrefour Market, autour de la paroisse Saint-Louis de Beauregard. Une opération d’envergure estimée à plus de 20 millions d’euros et présentée au cœur de la résidence le vendredi 13 mai dernier.

Le bailleur social Les Résidences Yvelines-Essonne va engager une opération de réhabilitation sur l’ensemble de son parc social situé face au Carrefour Market.

« On va donner à cette résidence un véritable coup de jeune, assure le directeur des Résidences Yvelines Essonne, Arnaud Legros. L’objectif dans notre mission de service public, c’est de faire en sorte que les locataires qui y vivent actuellement y vivent bien, dans de bonnes conditions, mais c’est aussi de faire en sorte que cette résidence ait un avenir et permettre de servir aussi aux générations futures. » L’isolation et les façades des immeubles seront reprises. À l’intérieur, toutes les pièces humides seront refaites tandis que 250 logements pourront profiter d’agrandissements de cuisine et/ou séjour et de créations de balcons.

« Habituellement, nous, nos réhabilitations on y met à peu près 35 000 et 40 000 euros au logement, et en l’occurrence, pour cette opération de Poissy Beauregard, on va y mettre près de 90 000 euros au logement », souligne Arnaud Legros. Une attention qui ravit le maire de la commune. « Il était temps, cette réhabilitation, on vous la devait, lance Karl Olive aux quelques locataires qui suivent la présentation du projet depuis les fenêtres et balcons. On rattrape le retard […] il n’y avait aucune raison qu’ici, comme l’ensemble des quartiers de la ville, que les habitants ne s’y retrouvent pas. » D’après le promoteur Bouygues Immobilier, les travaux devraient débuter dès le mois de juin et s’étaler sur « 32 mois ». Ils débuteront sur les jardins de la résidence puis concerneront les intérieurs vers le quatrième trimestre de 2022.

L’édile souligne l’importance de désenclaver ce quartier et de recréer une mixité sociale visiblement perdue. Pour cela, l’opération prévoit également la démolition d’une vingtaine de logements pour créer de nouvelles voiries afin d’ouvrir le quartier. De même, 80 nouveaux logements, répartis à parts égales entre logements intermédiaires et accession sociale, doivent sortir de terre « pour servir le parcours résidentiel et permettre petit à petit du turn-over ».

D’autres projets de réhabilitations, qui concernent d’autres bailleurs sociaux, sont également inscrits à l’agenda comme la rénovation de la tour Corneille (56 logements) pour 2,1 millions d’euros ou de la barre Gutenberg (120 logements) pour près de 8 millions d’euros. La convention signée avec le Département prévoit des livraisons entre « 2024 et 2026 ». Pour accompagner toutes ces transformations, la Ville de Poissy envisage de réadapter l’offre en équipements publics sur le quartier. Les squares Labbé, Brazza, Gutenberg et Ronsard seront ­réaménagés.

Rapporteur, en mars dernier auprès du gouvernement, d’une vingtaine de préconisations sur l’insertion par le sport dans les quartiers prioritaires, Karl Olive entend profiter de l’occasion pour passer de la théorie à la pratique. « Il faut absolument intégrer des parcours de santé, avec également des friches en pied d’immeubles qu’on peut utiliser pour que nos jeunes puissent faire du sport, du renforcement musculaire, de l’aide aux devoirs, peut-être de la boxe éducative, il y a tout une panoplie complète, on a tout à portée de main », lance l’édile pisciacais. Au cœur du quartier, le centre social André Malraux sera lui aussi requalifié tandis qu’une maison médicale est prévue pour s’implanter au 23 avenue du Maréchal-Lyautey pour boucler l’opération globale.

Une résidence de 235 logements sur l’ancien site de Fareva

Les premiers habitants sont attendus « au deuxième trimestre 2024 ».

La « Villa Joséphine », c’est le nom donné à la résidence de 235 logements qui va voir le jour sur l’ancien site de Favera, l’usine de parfumerie située derrière le complexe sportif Marcel Cerdan. Alors que les premiers habitants sont attendus « au deuxième trimestre 2024 », la cérémonie de pose de la première pierre s’est déroulée le 20 mai dernier.Cette opération accouchera d’une vingtaine de maisons ainsi que des appartements « ouverts pour la plupart sur des balcons, jardins privatifs et terrasses plein ciel », détaille les groupes Faubourg immobilier et Fiminco qui réalisent le projet. « Une centaine de logements seront en accession avec des prix maîtrisés pour favoriser les primo-accédants du quartier », assure de son côté, le maire Karl Olive.

Répartie en deux îlots, la « Villa Joséphine » semble attendue au vu de sa commercialisation rapide. D’après les promoteurs, « plus de 75 % » des logements sont d’ores et déjà réservés.