Les forces combinées de la sous-préfecture et des services locaux de Bercy auront eu raison de la fronde des élus villennois… au moins pour l’une des 13 délibérations qui avaient été rejetées par au moins 19 voix en décembre, au dernier conseil municipal. Une assemblée extraordinaire a permis de boucler le budget 2017, mais les élus des trois listes en présence aux élections municipales de 2014 n’ont pas trouvé d’accord pour l’instant.

Après un mois de fronde, le maire DVD Michel Pons semble aujourd’hui proche de conclure un accord avec le groupe d’opposition mené par Pierre-François Degand (LREM). La situation semble plus compliquée avec la liste de Jean-Michel Charles (DVD), qui avait fusionné avec la liste Pons pendant l’entre-deux tours et constituait la moitié de sa majorité jusqu’à présent. En attendant, la mairie reste partiellement bloquée, ne pouvant lancer aucun investissement.

Ce vendredi 19 janvier, à 18 h dans la salle du conseil de l’hôtel de ville de Villennes-sur-Seine, quasiment tous les élus sont venus à un conseil municipal extraordinaire au public limité à quelques habitants bien informés. Ils ont pourtant été convoqués dans des délais plus courts que d’habitude, délais autorisés seulement lors des délibérations jugées urgentes.

Le sous-préfet Stéphane Grauvogel n’aurait pas vraiment mâché ses mots, lors d’une réunion donnée mardi 16 janvier où étaient invités des représentants de chaque groupe. « Le préfet nous a mis face à nos responsabilités en tant qu’élus, et nous rappelle simplement que que dans la mesure où on ne prenait pas cette délibération, on ne pouvait clore le budget 2017 et payer les fournisseurs », rapporte Jean-Michel Charles vendredi, face aux autres élus du conseil.

« Le préfet nous a demandé mardi soir de convoquer le conseil municipal impérativement avant le 20 janvier », indique aux élus le maire Michel Pons (DVD).

« Le préfet nous a demandé mardi soir de convoquer le conseil municipal impérativement avant le 20 janvier », indique pour sa part Michel Pons. Au risque de prise de contrôle préfectoral s’est ajoutée la ferme invitation des responsables du centre des finances publiques de Poissy. Alors, sans plus de débats, tous ont voté la délibération concernée. « Je ne voulais surtout pas que le préfet prenne la main sur Villennes », note de son vote Pierre-François Degand.

L’ex-adjoint devenu opposant en 2014 se dit aujourd’hui « très optimiste » quant aux négociations qui vont bon train entre Michel Pons et le reste de son conseil municipal, les élus frondeurs n’ayant pas osé poser leur propre démission après avoir exigé celle du maire. « Je m’efforce de rencontrer le maximum de gens, commente l’édile ce soir-là. On a convenu de se regrouper pour travailler ensemble et si possible former un groupe cohérent. »

Michel Pons se dit aujourd’hui « plutôt optimiste ». Il proposera « dans les jours qui viennent » une « réorganisation » destinée à retrouver une majorité. « La gouvernance est à améliorer, la communication et l’information aussi », reconnaît-il des reproches exprimés par une partie des élus. Mais l’entrée de nouveaux adjoints venus de l’opposition pourrait aboutir à l’éviction de certains des adjoints actuels, notamment ceux de la liste de Jean-Michel Charles.

Si ce dernier se refuse pour l’instant à tout commentaire, ses anciens colistiers se montrent prudents. « J’espère qu’il fera les bonnes propositions, et que ça fera en sorte que pour Villennes et les Villennois, on puisse continuer », note ainsi l’ex-premier adjoint Olivier Hardouin (LREM, dans une démarche municipale « apolitique », Ndlr). « Il faudra que les trois courants soient représentés »,estime de son côté Jean-Pierre Laigneau (DVD), adjoint à l’urbanisme.