« Honorer la mémoire de l’enseignant […] pour que personne n’oublie jamais ce drame », c’est l’idée de cette proposition faite par Pierre Bédier (LR), président du Département des Yvelines, par voie de communiqué dimanche 18 octobre, de renommer le collège du bois d’Aulne au nom de Samuel Paty.

« L’horreur du terrorisme le plus cruel et le plus obscurantiste a encore frappé dans notre cher département, s’indigne le président du conseil départemental après le drame. La liberté d’expression est l’un des socles de notre République. Il est de notre devoir de continuer à la défendre coûte que coûte et de ne jamais céder face à la ­barbarie. »

Par ces mots, Pierre Bédier, rejoint ceux du Président de la République, Emmanuel Macron (LREM), prononcés sur les lieux du drame vers 22 h vendredi 16 octobre. « Il n’y a pas de hasard si ce soir c’est un enseignant que ce terroriste a abattu parce qu’il a voulu abattre la République dans ses valeurs », analyse le chef d’État en direct sur son compte Twitter.

Le président était épaulé des ministres de l’intérieur et de l’éducation, Gérald Darmanin (LREM) et Jean-Michel Blanquer (LREM). Au lendemain de l’attentat, ce dernier indiquait, par le biais d’un discours publié sur Twitter, qu’il comptait recevoir, avec le premier ministre Jean Castex (LREM), les représentants du personnel et des parents d’élèves « de façon à regarder ensemble toutes les réponses appropriées […] et en tirer toutes les ­conséquences nécessaires ».

Par voie de communiqué, le 17 octobre, le syndicat enseignant SNES-FSU Yvelines demande à ce que « tout le soutien nécessaire soit apporté aux personnels et au service public d’éducation ».

Pour la présidente de Région, Valérie Pécresse (Libres), la réponse doit être « forte ». « Je demande de fermer toute mosquée, et d’interdire toute association islamique qui ne condamnerait pas publiquement et clairement ce crime abject », assure-t-elle au micro de l’émission Le grand rendez-vous sur Europe 1, dimanche 18 octobre.

De son côté, Mehdi Berka, le président de conseil régional du culte musulman (CRCM) Île-de-France Ouest, et recteur de la grande mosquée de Mantes-la-Jolie l’assure : « Nos concitoyens musulmans condamnent, avec la dernière énergie, dans leur écrasante majorité, ce crime et sont abasourdis et révoltés qu’au nom de leur religion des actes odieux puissent être commis. »

Les événements de vendredi n’ont pu que lui rappeler de terribles souvenirs, le maire de Magnanville Michel ­Lebouc (DVG) aussi a tenu à s’exprimer durant le week-end. En 2016, l’édile avait vu dans sa commune, l’assassinat, par un terroriste, d’un couple de policiers à leur domicile. « Ce soir les lumières de la République se sont encore éteintes, signe le maire magnanvillois sur Facebook tard dans la soirée du vendredi. Ce soir, je ne peux m’empêcher de penser à Jessica Schneider et Jean-Baptiste ­Salvaing. »

Dans un communiqué publié sur Facebook, l’hebdomadaire Charlie Hebdo partage son « sentiment d’horreur et de révolte » et déplore que « l’intolérance vienne de franchir un nouveau seuil ». Alors que le procès des attentats de 2015 se poursuit, Libération révélait qu’un hommage a été rendu ce lundi 19 octobre dans la cour d’assises spécialement ­composée de Paris.

Concernant le changement de nom du collège du Bois d’Aulne, l’hommage pourrait être complet au retour des vacances de la Toussaint. Selon le Département, la proposition sera soumise au vote, lors du prochain conseil d’administration de l’établissement, avant d’être actée ensuite au conseil municipal de la ville puis au Conseil départemental, gestionnaire des collèges.